• Commission Africaine de l’Audiovisuel et du Cinéma : Sommes-nous prêts?
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Commission Africaine de l’Audiovisuel et du Cinéma : Sommes-nous prêts?

Les Ministres de la Culture, de la Jeunesse et des Sports des États membres de l’Union Africaine ont créé, le 17 juin 2016 à Addis-Abeba en Éthiopie, la tant attendue Commission Africaine de l’Audiovisuel et du Cinéma (CAAC).

LA CAAC sera en charge de la promotion et du développement de l’audiovisuel et du cinéma africains et va créer des structures appropriées aux niveaux national, régional et continental; renforcer la coopération entre les États africains dans les secteurs de l’audiovisuel et du cinéma; promouvoir l’utilisation des expressions audiovisuelles et cinématographiques comme facteurs de développement, de création d’emplois, de solidarité, d’intégration, de respect des valeurs et de compréhension mutuelle – afin de promouvoir la paix et une image positive de l’Afrique.

Le moment est venu pour l’industrie audiovisuelle africaine

LA CAAC semble arriver au bon moment pour relever les défis auxquels fait face le secteur de l’audiovisuel et du cinéma africains. Amine Hattou, cinéaste, s’accorde avec de nombreux cinéastes tchadiens – tels Prosper Nadsilem et Allamine Kader – qui croient eux aussi que le grand défi reste « l’environnement, en l’absence d’un véritable secteur. » Hattou précise ainsi que la scène cinématographique algérienne fonctionne sans schémas clairs de production et de distribution. 80% des salles de cinéma du pays sont fermées et détenues par l’État, et même avec l’émergence des chaînes de télévision privées, le marché n’est pas assez avancé pour donner à ces films un espace de diffusion. L’Afrique a besoin d’un éco-système qui rende la production locale durable.

Moussa Z. Ibet, réalisateur et acteur, a déclaré lors d’une interview que la nouvelle commission pourrait être favorable à des pays comme le Tchad : « Quand j’entends parler de la CAAC, j’espère que cela pourra être le début d’une grande industrie cinématographique au Tchad.» Hattou est optimiste et croit qu’un jour les cinéastes et producteurs africains pourraient se libérer du cinéma mondial qui promeut « une sorte de films africains dans le but de consolider la vision occidentale, pleine de clichés et de stéréotypes erronés sur l’Afrique et les Africains, » sachant que « nous ne pourrons atteindre notre but qu’en créant une plate-forme de production sud-sud, un système africain de production et de distribution des films. »

Un destin commun

Prosper Nadsilem a visité de nombreux pays africains, dont le Burkina Faso et le Nigeria. Pendant son séjour; Il s’est rendu compte que tous les pays sont confrontés aux mêmes problèmes cinématographiques. Aussi, les industries de l’audiovisuel et du cinéma de l’Afrique de l’Est et de l’Afrique du Sud sont plus avancées que celles des pays de l’Afrique francophone, il croit que l’idée de faire de la CAAC une initiative de l’Union Africaine va « nous soutenir tous, partout où nous serons en Afrique. »

« Nos problèmes sont semblables, nous appartenons à la même terre, nous partageons les mêmes défis et nous devons faire comprendre aux gens qu’il n’y a pas d’Afrique du Nord, d’Afrique de l’Ouest ou de l’Afrique du Sud, qu’il n y a qu’une seule Afrique. Même si certains films africains remportent des prix lors des festivals internationaux – ces films sont rarement programmés pour des projections à la maison, en raison du manque de salles de cinéma ou de l’absence du public. »

Financement et budget

« La commission nouvellement mise en place est venue définitivement guérir nos blessures » selon Propser Nadsilem. Pourtant, les grandes industries cinématographiques comme Nollywood et Discopro sont généralement financées par des hommes d’affaires, contrairement aux industries cinématographiques locales. Par conséquent, il espère qu’une attention particulière sera portée sur les pays qui accusent encore du retard.

Ainsi, la CAAC fait partie d’un écosystème de cinq programmes qui mobilisent 410 millions de dollars en fonds de programme pour la promotion de ce secteur au cours des cinq prochaines années. Ces ressources proviendront du secteur privé et du secteur public et seront mises en œuvre principalement par le secteur privé. L’industrie audiovisuelle et cinématographique représente cinq milliards de dollars du PIB du continent, employant environ cinq millions de personnes. Avec la poussée actuelle en faveur de son développement, ce secteur devrait générer plus de 20 millions d’emplois et 20 milliards de dollars en contribution annuelle, indiquent les rapports de la Commission.

L’Afrique est prête à bondir

Achille Rouaimon, metteur en scène et acteur attendait « la création de la CAAC depuis longtemps. » Pour lui, « le cinéma africain joue un rôle économique et social important, et il a un impact positif sur la société en termes de culture, d’éducation et de développement économique. » Il estime que les progrès enregistrés lors des dix à vingt dernières années suscitent des promesses : « avec la commission nouvellement créée, je crois que l’industrie


 

Auteur: Idriss Zackaria Idriss // Amine Hattou et Prosper Nadsilem – © Idriss Zackaria Idriss

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