• « Cette application sera dans les années à venir la bourse agricole par excellence en Afrique »
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« Cette application sera dans les années à venir la bourse agricole par excellence en Afrique »

Dans le souci de permettre à l’agriculture de sortir des sentiers battus au Togo et en Afrique de l’Ouest,  une plateforme numérique dénommée « E-agrobusiness » a été lancée en mai dernier dans la capitale togolaise. Elle vise à rendre visible les producteurs, leur permettre d’investir un marché à fort potentiel, accroître le volume des ventes, réduire les pénuries, et à inciter l’augmentation des surfaces cultivées et l’émulation du secteur de l’agro-industrie. Selon le promoteur, Edeh Dona Etchri, un web-entrepreneur âgé de 30 ans, cette plateforme va devenir dans les années à venir « la bourse agricole par excellence en Afrique ».

Propos recueillis par Blamé Ekoué

Vous venez de mettre en place en mai dernier une plateforme numérique pour promouvoir l’agrobusiness au Togo et en Afrique. Comment fonctionne votre plateforme ?

L’application e-agrobusiness fait partie du nouveau contexte appelé l’e-agriculture lancé dans les années 2000 aux Etats-Unis. Elle fonctionne tout d’abord comme une bourse et ensuite comme un système d’information agricole. Bourse pourquoi ? Parce que c’est d’abord une « place de marché » virtuelle où chaque acteur vient proposer ou bien acheter son produit. Donc, il y a l’offre, la demande, et aussi le troc. C’est en cela que je parle de bourse.

Qu’en est-il du système d’information agricole et quel est son apport pour les producteurs agricoles ?

L’e-agrobusiness ne se limite pas seulement à faciliter la recherche des débouchés pour les producteurs tant togolais qu’africains. Comme vous le savez, nous sommes à l’heure du numérique. Aujourd’hui, d’autres pays, à l’instar des Etats-Unis, ont fait plusieurs expériences qui  permettent d’augmenter la productivité en fournissant des informations appropriées en un temps record. Il s’agit ici d’informations sur les nouveaux systèmes et techniques agricoles, les données météorologiques et la composition des sols. Toutes ces informations peuvent être données aux producteurs dans les zones agricoles les plus reculées via les canaux de l’application e-agrobusiness, afin d’impacter sur la productivité. On est en Afrique, et aujourd’hui la pluviométrie change d’année en année, mais la majorité des producteurs ne maitrisent pas certaines données.  Grace à cet outil révolutionnaire sur le continent, les producteurs pourront avoir des informations fiables quelque soit la localisation géographique, pour savoir quand est-ce qu’il faut faire le semis ou quel type d’engrais utiliser pour son sol. Je tiens à vous dire que l’application localise grâce au GPS la situation précise du champ – et en retour traite puis donne les informations nécessaires au producteur. Bref, cet outil est une révolution dans le secteur de l’agrobusiness en Afrique.

Mais comment les producteurs qui sont en majorité analphabètes pourront maitriser cet outil, chercher des informations sur les champs et  sélectionner les débouchés ?

Nous avons un centre d’appel en langues locales permettant d’accueillir tous les producteurs ou acheteurs analphabètes qui ne pourraient pas manier les outils technologiques. Plus largement, nous avons en tout cinq canaux pour faire passer les messages. Il y a le SMS et l’USSD qui peuvent fonctionner dans les zones difficiles d’accès à l’Internet.  Mais nous avons aussi le site web, et l’application mobile, en plus donc le centre d’appel. Comme vous le savez, l’économie numérique est en marche en Afrique mais l’un des défis majeurs reste l’accessibilité à l’Internet haut débit. Donc grâce à tous ces canaux, les acteurs de l’agrobusiness pourront facilement rentrer en contact même sans connexion. Nous sommes allés plus loin en signant des partenariats avec des médias, tels que la télévision nationale togolaise, qui vont aussi diffuser les informations concernant les offres des producteurs et la demande des acheteurs. Les réseaux sociaux sont enfin mis à contribution pour une large diffusion. Par exemple, notre page Facebook en l’espace de quelques semaines a déjà fédéré plus de 4400 acheteurs potentiels dans le monde. L’Afrique doit tirer profit de l’économie numérique pour révolutionner l’agrobusiness.  Cette application sera donc dans les années à venir la bourse agricole par excellence en Afrique. Nous visons très haut, et nous comptons l’étendre à tous les autres pays de la sous-région, pourquoi pas même à l’Afrique toute entière.


 

Auteur : Blamé Ekoué // Photos : Edeh Dona Etchri, concepteur et promoteur de l’e-agrobusiness au Togo © DR

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