• Algérie « Les partenariats franco-algériens se passent généralement bien »

Algérie « Les partenariats franco-algériens se passent généralement bien »

En Algérie, certaines entreprises françaises fournissent des solutions spécialisées dans les domaines des nouvelles technologies de l’information et de la communication à leurs partenaires locaux. PME, ETI ou grands groupes s’intéressent aussi à des secteurs porteurs, notamment les services bancaires et les énergies renouvelables. Dominique Boutter, directeur de Business France Algérie, nous en dit plus dans cet entretien.

 Par Zahra Rahmouni, à Alger

Quelles sont les opportunités d’affaires des entreprises françaises en Algérie?

L’Algérie reste la 4ème économie du continent africain, la première du Maghreb par sa taille, un marché de 40 millions d’habitants avec une classe moyenne développée, un niveau d’infrastructure et de développement social enviable à l’échelle du continent africain, ce qui offre de belles opportunités. Malgré la baisse des cours du pétrole, les budgets d’investissements publics se maintiennent à un niveau élevé, de l’ordre de 20 Mds USD par an, sans compter les investissements importants des sociétés publiques notamment dans les domaines des hydrocarbures et de l’énergie comme Sonatrach ou Sonelgaz. Parallèlement, la diversification et la modernisation de l’économie est en marche avec une nouvelle génération montante d’entrepreneurs privés qui s’engagent dans de nombreux secteurs, le plus souvent en partenariat, comme l’agriculture et l’agroalimentaire, les mines et carrières, les matériaux de construction, la chimie, plasturgie et la pharmacie, les industries mécaniques, le textile, l’automobile, l’électronique et l’électroménager et bien d’autres encore… Par ailleurs, le secteur des services est en cours de professionnalisation et offre de nombreuses places à prendre, dans les domaines très variées comme la formation, la distribution, la santé, les services spécialisés pour les entreprises et les particuliers, le tourisme d’affaires et de loisir entre autres. Dans nombre de segments, le marché algérien est encore vierge et les premiers arrivés bénéficieront d’un avantage certain.

Aujourd’hui, quels sont les obstacles rencontrés par les entreprises françaises qui veulent s’installer en Algérie ? Et comment font-elles pour les contourner ?

Un nouveau « code des investissements » a été adopté fin 2016, qui introduit des règles plus souples dans différents compartiments pour les investissements étrangers, mais la règle du partenariat obligatoire avec un associé algérien majoritaire a été maintenue dans la Loi de finance 2017. De ce fait, la principale difficulté pour s’installer en Algérie tient à la recherche du bon partenaire, partageant une même vision en matière d’investissement et de business plan, et capable de faciliter et d’accompagner le développement de l’entité la Joint venture ainsi créée. Il est indispensable de consacrer le temps nécessaire à cette phase de recherche et de ne pas hésiter à s’appuyer sur les conseils que peuvent fournir l’administration française, en particulier Business France, ou au sein de la communauté d’affaires franco-algérienne. Il existe sur place de nombreux prestataires de services spécialisés qui sont tout à fait en mesure d’assister l’entreprise française dans son projet d’implantation pour comprendre et éviter les écueils d’une réglementation souvent complexe et pouvant changer rapidement. Prendre son temps, persévérer, bien s’entourer, sont des gages de réussite pour s’installer en Algérie.

Comment se forment les partenariats avec les sociétés algériennes et de quelle manière Business France accompagne-t-elle les entreprises françaises?

Des partenariats peuvent naître d’une demande précise émanant des autorités algériennes ou d’un investisseur privé à la recherche d’un savoir-faire technologique ou industriel spécifique, mais ils sont le plus souvent l’aboutissement d’une longue relation d’affaires avec l’Algérie, un choix pour pouvoir continuer à se développer et mieux répondre aux besoins du marché algérien. Dans le contexte actuel de baisse des recettes d’exportations des hydrocarbures, les autorités algériennes ont pris conscience de la nécessité de soutenir la diversification de l’économie et de favoriser l’industrie locale lorsqu’elle existe et peut fournir le marché local en volume et qualité. Les conditions sont donc actuellement favorables et Business France s’efforce, dans le cadre de ses activités, d’informer au mieux les entreprises françaises et de leur faire rencontrer les meilleurs partenaires commerciaux, industriels ou spécialisés dans les services. Notre bureau à Alger dispose d’experts spécialisés par secteurs qui conseillent et accompagnent environ 350 à 400 entreprises françaises chaque année, soit à l’occasion de missions ou d’événements sectoriels que nous organisons, soit dans une démarche individuelle. Nous ne travaillons pas seuls mais agissons de concert, au sein de la communauté des affaires franco- algérienne, avec des partenaires tant français qu’algériens tels que la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF), la Chambre algérienne de Commerce et d’Industrie (CACI), le Forum des Chefs d’entreprises (FCE), l’Agence Nationale de Développement de l’Investissements (ANDI).

Combien d’entreprises françaises opèrent en Algérie ? Qui sont-elles ? Et dans quels secteurs d’activités sont-elles présentes ?

On estime qu’il existe environ 450 implantations d’entreprises françaises en Algérie. Il s’agit principalement de grands groupes mais un nombre non négligeable de PME ou d’ETI se sont également installées en Algérie ces dernières années. Elles sont présentes en priorité dans les secteurs de la banque et de la finance, le secteur pharmaceutique, les véhicules et équipements de transport, l’agroalimentaire, mais au-delà, la présence française est très diversifiée en comparaison à d’autres pays étrangers. Les ENR et les TIC sont des secteurs en plein développement, auquel les entreprises françaises commencent à s’intéresser sérieusement. Dans le domaine des NTIC, de très nombreuses entreprises françaises fournissent déjà équipements et logiciels spécialisés à l’Algérie. Parmi les succès récents, on peut rappeler par exemple, que la société HTS Experts vient d’être choisie pour former 6000 responsables monétiques du secteur bancaire algérien ou encore que la société Soliwind fournira la toiture photovoltaïque du nouvel aéroport d’Oran, en consortium avec Aurès Solaire, un partenariat franco-algérien qui fabriquera localement les panneaux solaires.

En termes de compétitivité, comment évaluez-vous la présence des entreprises françaises en Algérie, notamment dans les secteurs des ENR et NTIC ?

La proximité culturelle et géographique, le partage de la langue française, font que les partenariats franco-algériens se passent généralement bien. Outre les effets positifs sur l’activité économie, sur l’emploi, sur le développement régional, ils se caractérisent aussi, en comparaison à d’autres, par un haut niveau de transfert de technologie, de formation et de valeur ajoutée, au bénéfice, au final, du développement de l’Algérie.

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