• Africa Time for new deal Pour des solutions inclusives

Africa Time for new deal Pour des solutions inclusives

Formation, financement, rôle des états, du secteur privé, entreprenariat social… Autant de thématiques abordées dans le cadre du forum Africa Time For a New Deal (ATND) qui planchait, entre autre, sur la question du développement des entreprises. Une initiative qui se tenait, pour la seconde édition, le 20 septembre au Péninsula, à Paris, portée par le Club 2030 Afrique. Un think tank qui vise précisément à apporter des solutions africaines aux problématiques du continent. Des solutions inclusives selon le mot d’ordre du jour.

 

Accompagner le secteur privé en Afrique c’est créer des emplois, de la valeur ajoutée et donc de la croissance inclusive. Mais pour cela les entreprises ont besoin d’un environnement des affaires assaini, d’accéder à des financements, et de disposer de la main d’œuvre adaptées… C’est in fine tout un écosystème à mettre en place. Et les acteurs de la table ronde qui se tenait le 20 septembre au Péninsula à Paris, dans le cadre de la seconde édition d’Africa Time For a New Deal (ATND), résumait par leur simple présence, et leur activité, la problématique du thème, à savoir « Développement des entreprises, quels nouveaux modèles de financement? »

Créer des écosystèmes vertueux

Et pour Didier Acouetey, président du cabinet de recrutement d’Africsearch, la question clé reste celle de la formation. « Le secteur informel est celui qui absorbe le plus la main d’œuvre. Aujourd’hui trouver un bon menuisier ou un électricien, c’est la croix et la bannière. Parce que les formations ne sont pas dispensées dans les filières techniques. » Prenant pour exemple le Rwanda qui a mis en place une plateforme qui regroupe les métiers de la mécanique et permet aux artisans de bénéficier d’un appui technique et matériel, réunissant les acteurs concernés à savoir l’Etat, le secteur privé, avec un accès au marché à travers l’implantation de CFAO ce qui a eu pour conséquence de faire venir les banques. « Là on commence à créer de la richesse. L’État, le secteur privé et les acteurs sont partenaires. On crée des écosystèmes vertueux, des écosystèmes à encourager qui incluent l’emploi, la formation, l’investissement, etc. » De quoi permettre à des toutes petites entreprises, lesquelles représentent encore le plus gros des secteurs privés en Afrique, de prendre du poids et de sortir de l’informel.

Aller vers des « solutions intégrées » c’est ce que préconisera Sébastien Couasnet, Directeur général d’Eléphant Vert. « Au Senegal, par exemple, nous avons mis en place une banque de céréale. Nous avons trouvé un fond de 10 000 euro pour créer une banque de céréales. Personne ne comprenait l’intérêt. On a acheté les céréales à un prix que l’on a négocié avec les agriculteurs et on les a revendues, avec un bénéfice à l’arrivée de 75 000 euro. On a ainsi réussi à avoir un véritable impact social en terme de revenu. » D’autant que les bénéfices ont été réinvestis dans une mutuelle. « Le problème, ajoutera-t-il, n’est pas financier les paysans mais il faut mettre en place une chaine qui tourne avec un acheteur au final et des financements pour la mise de départ. C’est ce que l’on fait. »

« Je pense que le modele des start up, des créations d’entreprises toute seule, ce n’est déjà pas le modèle pour la France mais encore mois pour l’Afrique, je crois plus à des solutions inclusives. »

Répondant à une question sur l’entreprenariat social, François Jay, president fondateur d’Ebano France, donnera le mot de la fin, quitte à aller à contre courant d’une tendance actuelle  : « Toutes les solutions sont des solutions collectives. L’entreprenariat social a pour caractéristique qu’il est moins solitaire. Toutes les expériences montrent qu’il faut être intégré.  Je pense que le modèle des start up, des créations d’entreprises toute seule, ce n’est déjà pas le modèle pour la France mais encore mois pour l’Afrique, je crois plus à des solutions inclusives. »

Le mot d’ordre encore une fois de la journée. Plus largement de ce forum qui se positionne comme le Rdv annuel des décideurs africains à Paris. Mais avec un concept qui le distingue : porté par le think tank Club 2030 Afrique_ dont les membres, des experts multisectoriels fournissent aux gouvernements du continent un accompagnement sur un plan très technique_, vise à apporter des réponses africaines aux problèmes de l’Afrique. Plus qu’un postulat, un impératif pour son initiateur, Khaled Igue. «L’Afrique a tous les éléments pour être le continent d’où s’élancera une nouvelle utopie. » À condition d’innover en matière de réponses à apporter aux défis de l’Afrique, inédits en matière de démographie, d’urbanisme, d’enjeux environnementaux…. «  Le continent africain va réaliser l’impensable. Le seul avenir que nous pouvons prédire, c’est celui que nous allons réaliser. » Et compte tenu de l’affluence rencontrée par cette deuxième édition, plus de 300, force est de constater qu’ils sont nombreux à vouloir contribuer à « écrire » cette Afrique de demain.


 

Par DBM

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