• Energies renouvelable : « 27% d’électricité propre d’ici 2030 », en Algérie
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Energies renouvelable : « 27% d’électricité propre d’ici 2030 », en Algérie

Le salon international de l’électricité et des énergies renouvelables s’est tenu à Alger du 12 au 15 février 2018. Pour cette première édition, le thème choisi par les organisateurs : « énergies vertes, énergies de demain », s’inscrit en droite ligne avec les ambitions affichées par le pays en terme d’ENR.

Zahra Rahmouni, Alger

L’événement, ouvert au public, a rassemblé 80 exposants nationaux et étrangers venus notamment de Tunisie, d’Italie et de France. « On s’est rendu compte qu’il y avait un manque de communication dans le domaine de l’électricité », explique Nassima Messaoudi, directrice de l’agence Advision ElDjazair, co-organisatrice du salon spécialisé. « Le but est de mettre en relation différents acteurs du domaine, des producteurs aux distributeurs, ainsi que des universitaires. Il s’agit aussi de sensibiliser les consommateurs au gaspillage, à la problématique des produits contrefaits et aux énergies renouvelables ».

« 27% d’électricité à base de renouvelable en 2030 »

Près de 14 000 mégawatts d’électricité sont produits en Algérie dont environ 450 mégawatts à partir d’énergies renouvelables, indique à l’ANA Hamza Merabet, chercheur et chef de service au sein du Centre de développement des énergies renouvelables (CDER). Parmi les énergies propres utilisées pour produire cette électricité verte, on retrouve le photovoltaïque (290 MW), l’énergie solaire thermique (150 MW) et les éoliennes (10 MW).

« Jusqu’a présent, les vingt centrales photovoltaïques réalisées sont dispersées sur plusieurs wilayas des hauts-plateaux et du sud pour voir le comportement des zones géographiques sur les énergies renouvelables car la température et les vents de sable jouent un rôle et freinent parfois la production d’énergie. Il y aura ensuite une généralisation à toutes les wilayas », détaille le chercheur.

En 2017, le CDER a mis à jour ses données en réalisant une carte éolienne plus détaillée afin d’identifier les zones ventées. « Jusqu’à maintenant, douze éoliennes d’une capacité de dix mégawatts ont été réalisées à Adrar. Nous suivons le comportement de ces stations ».

Ces dernières années, l’Algérie a engagé d’importants moyens afin de diversifier ses sources d’énergie. Le but : limiter le recours aux énergies fossiles dans les années à venir. Le programme national des énergies renouvelables prévoit ainsi la production de 22 000 mégawatts afin d’atteindre 27% d’électricité à base de renouvelable d’ici 2030. Hamza Merabet est d’ailleurs optimiste à ce sujet. « L’Algérie dispose du plus grand gisement solaire au monde. Nous avons la surface et les moyens pour réaliser ce programme », affirme-t-il.

De distributeurs à producteurs

Plusieurs importateurs et distributeurs d’équipements électriques, présents au salon, envisagent de se tourner vers la production locale.

Globale Réalisation, entreprise familiale spécialisée dans les groupes électrogènes ouvrira prochainement une usine à Alger dans le cadre de la règle d’investissement 49/51. « Nous avons finalisé l’opération avec un partenaire étranger. Le projet doit se concrétiser dans les plus brefs délais. Il s’agit d’un autofinancement, l’usine et prête mais c’est un peu lent à cause de la bureaucratie », informe Merzak Sebiat, ingénieur technico-commercial au sein de l’entreprise.

Croisée dans les allées du salon, Djamila Salem, gérante de Time Smart Energy et spécialisée dans le photovoltaïque, se félicite de la tenue du salon. « J’ai ouvert ma propre entreprise car j’ai remarqué qu’en Algérie, le marché est toujours vierge, nous n’avons pas vraiment d’entreprise spécialisée ». Elle évoque un « manque de culture de l’énergie solaire » et déplore que « la majorité des entreprises considère l’énergie comme un commerce ».

« On a beaucoup de capacités ici en Algérie, des cadres, des jeunes, qui ont les compétences pour effectuer des réalisations. Les étudiants s’intéressent beaucoup à ce domaine. Ce salon s’adresse aussi aux agriculteurs et aux structures isolées qui ont besoin de kit solaire, de générateurs. Il faut sensibiliser les gens. L’Etat a fait l’essentiel avec un programme pour la réalisation des centrales maintenant ils cherchent des installateurs dans le domaine ». La dynamique cheffe d’entreprise, qui dispose déjà de structures à Illizi, Touggourt, Guelma, El Bayadh, Médéa compte bien s’engouffrer dans la brèche en étendant sa présence à d’autres zones du pays.

Pour vulgariser son activité, elle prend régulièrement sous son aile des étudiants. « Certains n’ont pas vu les procédés ou étudié les panneaux solaires à l’université. Donc, je propose des formations gratuitement afin de transférer mon savoir-faire ». Plusieurs clubs universitaires étaient d’ailleurs invités à participer au salon.

Le pays est sur la bonne voie estime Hamza Merabet. « Désormais, les personnes s’intéressent au domaine des énergies renouvelables et viennent en masse à ce genre de salon. On reçoit toujours des demandes de formations et d’informations, notamment de la part de personnes qui veulent créer des petites entreprises et réaliser des stations photovoltaïques. Ça commence à bouger ».


 

 

Crédit Photos : Zahra Rahmouni
« L’Algérie organise son premier salon de l’électricité et des énergies renouvelables »

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