• « Perspectives économiques en Afrique 2017 » : Libérer le potentiel des entrepreneurs africains
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« Perspectives économiques en Afrique 2017 » : Libérer le potentiel des entrepreneurs africains

Les gouvernements africains doivent miser davantage sur les entrepreneurs africains pour industrialiser leurs économies. C’est en somme les conclusions de l’édition 2017 du rapport phare « Perspectives économiques en Afrique », publié le 22 mai 2017, en marge des 52èmeAssemblées annuelles du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD).

 

Par ANA

 

Comme de coutume, c’est en marge des Assemblées annuelles de la BAD, que l’édition 2017 de « Perspectives économiques en Afrique » a été publiée. Le rapport annuel réalisé en partenariat par trois institutions, la Banque africaine de développement, le Centre de développement de l’OCDE et le Programme des Nations Unies pour le développement. Et pour sa 16ème édition, il a pris pour cible l’entrepreneuriat et l’industrialisation en Afrique. A ce titre, les conclusions des rapporteurs sont sans appels : les gouvernements africains doivent miser davantage sur les entrepreneurs africains pour industrialiser leurs économies.

« Les entrepreneurs doivent être des acteurs de premier plan de la quatrième révolution industrielle en Afrique » 

Les gouvernements des pays africains doivent intensifier leur soutien à la création d’emplois en prenant des mesures plus ambitieuses et mieux ciblées. Malgré une décennie de progrès, 54 % de la population de 46 pays africains sont toujours piégés dans une pauvreté à multiples dimensions – santé, éducation et niveau de vie. En outre, les revendications portant sur de meilleures opportunités d’emploi sont la raison principale pour laquelle se poursuivent des protestations civiles, ayant motivé un tiers de toutes les manifestations publiques entre 2014 et 2016 – une proportion qu’il convient toutefois de replacer dans le contexte d’une diminution du niveau des troubles sociaux.

Avec une population active qui devrait augmenter de 910 millions entre 2010 et 2050, la création d’emplois en plus grand nombre et de meilleure qualité reste un défi majeur pour les décideurs africains. « La clé d’un développement réussi en Afrique est de nourrir la culture naissante de l’entreprenariat – pour reprendre la célèbre expression d’Hernando De Soto – el otro sendero (l’autre voie) vers le développement. Une voie à même de libérer cette créativité débordante et de transformer les opportunités en réussites phénoménales », selon le directeur du Bureau régional pour l’Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Abdoulaye Mar Dieye. Or, souligne l’étude, si 26 pays du continent d’Afrique ont adopté une stratégie d’industrialisation, la plupart met l’accent sur les grandes entreprises manufacturières plutôt que sur les chefs d’entreprise des secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois, notamment les startups et les petites et moyennes entreprises. Ce sont pourtant ces dernières qui créent la majorité des emplois dans le secteur formel en Afrique.

« Les économies africaines ne peuvent pas se permettre de rater la prochaine étape de la transformation de leur production. Les entrepreneurs doivent être des acteurs de premier plan de la quatrième révolution industrielle en Afrique », a affirmé le directeur du Centre de développement de l’OCDE et conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l’Organisation sur les questions de développement, Mario Pezzini.

« Avec un secteur privé dynamique, un esprit d’entreprise largement répandu et des ressources abondantes, l’Afrique a les moyens d’accélérer sa croissance et de la rendre plus inclusive encore ». 

En attendant, l’étude table sur une évolution positive du continent. Si « la croissance économique en Afrique a marqué le pas en 2016, atteignant 2,2 % – en raison du recul des cours mondiaux des matières premières, de la faiblesse de la reprise mondiale et de conditions climatiques défavorables qui ont affecté la production agricole dans certaines régions – elle devrait toutefois rebondir à 3,4 % en 2017 et à 4,3 % en 2018, si la remontée des cours des matières premières, la reprise de l’économie mondiale et que les réformes macroéconomiques nationales se confirment. »

Ils ajoutent : « La croissance de l’Afrique repose de plus en plus sur des facteurs intérieurs, ainsi qu’en atteste le dynamisme de la consommation privée et publique qui, à elles deux, ont contribué à la croissance du PIB à hauteur de 60 % en 2016. Cette croissance s’accompagne également d’avancées sur le plan du développement humain : 18 pays africains avaient atteint un niveau de développement humain moyen ou élevé en 2015. Enfin, les investissements directs étrangers, attirés par les marchés émergents et l’urbanisation rapide du continent, se sont maintenus à 56,5 milliards de dollars EU en 2016 et devraient atteindre 57 milliards en 2017, selon les projections. Concentrés auparavant dans le secteur des ressources naturelles, les investissements se sont diversifiés dans le bâtiment, les services financiers, les industries manufacturières, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication. »

« Avec un secteur privé dynamique, un esprit d’entreprise largement répandu et des ressources abondantes, l’Afrique a les moyens d’accélérer sa croissance et de la rendre plus inclusive encore », a observé et déclaré Abebe Shimeles, directeur par intérim du Département de la politique macroéconomique, de la prospective et de la recherche à la Banque africaine de développement.

 

Consulter l’étude : www.africaneconomicoutlook.org/fr


 

Auteur : ANA // Photos : logos BAD et OCDE © BAD et OCDE

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