• Maroc « Authenticité, diversité, qualité »

Maroc « Authenticité, diversité, qualité »

L’organisation mondiale du tourisme dénombre plus de 1,8 milliards de touristes et prévoit un doublement des flux d’ici 2030. Une réelle opportunité à saisir pour l’économie marocaine. La mise en place d’un produit touristique attractif s’impose pour différencier et singulariser l’offre Maroc. De grands projets sont lancés, d’autres sont dans le pipe…

Par Dounia Ben Mohamed

 

« Authenticité, diversité, qualité et durabilité. » C’était les mots d’ordre de Lahcen Haddad, ministre du tourisme marocain jusqu’à février dernier. Et c’est autour de ces notions qu’il avait conduit sa feuille de route visant à confirmer la destination touristique marocaine. « A l’heure où la compétition touristique bat son plein et face à des touristes de plus en plus exigeants, la différenciation s’impose. Le Maroc a choisi d’ancrer son développement autour de valeurs fondamentales qui constituent aujourd’hui un réel avantage compétitif pour notre pays : Authenticité, diversité, qualité et durabilité » expliquait-il alors. « Aujourd’hui, satisfaire ne suffit plus, il faut faire rêver et ravir ses touristes. Ainsi, le Maroc a identifié ce qui fait la singularité de chaque destination et ce qui la différencie des autres. Un travail minutieux a ainsi été entrepris par les ingénieurs marocains du produit touristique, pour identifier, valoriser, et créer une offre cohérente et attractive, pour distinguer chaque destination et maximiser l’expérience du visiteur. A la croisée de la demande touristique et des ressources du territoire d’accueil, la mise en place du produit touristique obéit à des logiques de développement propres à chaque territoire ». Et la mission de la conception de cette stratégie a été confiée à la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique (Smit). Laquelle, explique son directeur, Imad Barraka, est « en charge de façonner le paysage touristique national tout en étendant les bénéfices socio-économiques à tous les maillons de la chaine de valeur du secteur et en assurant une équité territoriale nationale ». Selon un métier pas encore très développé en Afrique, l’ingénierie touristique.

Des partenariats entre investisseurs et collectivités locales pour la promotion des territoires

En étroite collaboration avec le ministère du Tourisme, la Smit offre par ailleurs une plateforme d’accompagnement et d’assistance aux investisseurs et collectivités locales à travers la mise en place d’un ensemble d’actions permettant d’augmenter l’intensité de l’attraction de la ressource. « Nous avons lancé dernièrement un programme pionnier, résultat d’un partenariat fructueux entre différents départements ministériels et acteurs locaux, pour la diversification du produit touristique et le développement d’un tourisme durable – poursuit le directeur. L’idée de ce programme est de permettre aux touristes de découvrir et d’apprécier la beauté naturelle, l’histoire, la culture, le style de vie et de consommer des produits locaux. Ainsi, et selon ses aspirations, un touriste pourra choisir un circuit thématisé reliant plusieurs composantes : sites et monuments, animations touristiques, activités de mise en valeur de produits de terroir avec des structures d’accueil et d’information. Nous avons donc mobilisé l’ensemble des partenaires autour de programmes pour créer un fonds d’amorçage qui financera des infrastructures que le privé ne peut porter et qui sont déterminantes pour le développement de l’attractivité des territoires touristiques ».

« Le tourisme est un vecteur de développement économique durable et fiable »

C’est en effet la difficulté : si les Etats africains, conscients de l’impact socio-économique du tourisme, ont adopté des politiques ambitieuses, reste à attirer les investisseurs. Là encore, le Maroc, qui se positionne comme le hub des investisseurs internationaux en Afrique, fait école. « Le tourisme est un vecteur de développement économique durable et fiable, mais aussi une véritable source d’épargne en devises étrangères – et un moyen efficace pour améliorer les conditions de vie des populations locales, en créant une dynamique économique dans les zones reculées. L’Afrique dispose aujourd’hui d’un potentiel énorme pour le développement touristique, rappelle Lahcen Haddad. Plusieurs fonds d’investissements ont été créés pour permettre le développement d’écosystèmes touristiques à forte valeur ajoutée. L’enjeu pour le prochain quinquennat est d’enrichir et de diversifier l’offre touristique des 8 territoires. Ce qui aura un fort impact sur les performances touristiques des destinations, sur les perspectives de rentabilité des établissements touristiques et par la même sur l’attractivité de notre pays pour les investissements touristiques. En parallèle au développement du produit, nous nous devons de diversifier nos marchés émetteurs pour rentabiliser l’investissement touristique. Plusieurs mécanismes d’accompagnement seront également mis en place (primes, fiscalité, etc.) pour attirer davantage d’investisseurs. »

Objectif : 20 millions de touristes par an à l’horizon 2020

Sachant que le Maroc ambitionne d’accueillir  20 millions de touristes par an à l’horizon 2020. Déjà, en 2015, le royaume franchissait le cap des 10 millions de visiteurs. Mais pour doubler ce chiffre dans les trois années à venir, il faudra renforcer la compétitivité de la destination, fortement concurrencée à l’échelle internationale. Pour preuve, les investissements directs étrangers du secteur du tourisme, pourtant en forte hausse entre 2012 et 2014, évoluent depuis à la baisse. « Malgré une conjointure internationale, très difficile, nous avons enregistré de bonnes performances comme en témoignent les chiffres : à date d’aujourd’hui et à mi-parcours des objectifs tracés, la capacité touristique engagée est de l’ordre de 233 000 lits soit 79% de l’objectif. La capacité touristique créée entre 2011 et 2015 est de plus de 55 000 lits – indique Imad Barraka –  la diversification est ainsi notre fer de lance ».

Première destination touristique africaine

Eco-tourisme, tourisme balnéaire, d’affaires ou hauts de gamme, le Maroc multiplie les produits. Et ça fonctionne. Le Maroc a une nouvelle fois été classé première destination touristique en Afrique en 2016, pour la deuxième année consécutive, détrônant l’Afrique du Sud. Et plus que jamais, la cible continentale est au cœur de la politique touristique marocaine. La classe moyenne explose, c’est une niche à saisir…


 

 

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