• « Il faut libérer le potentiel touristique du continent »

« Il faut libérer le potentiel touristique du continent »

Par Cécile BARRY*

On dénombre, pour cette année, 4% de touristes en plus sur le continent africain. Une hausse significative, certes, mais qui ne contribue pas encore au développement de l’industrie touristique dans nos 54 pays. La Banque Africaine de Développement (BAD) parle en effet de « libération du potentiel touristique ». Et c’est exact : il y a un enjeu crucial au développement de ce secteur d’activité.

Faire coopérer les états et les entreprises

60% des jeunes africains sont au chômage alors que le tourisme est un des principaux piliers économiques d’un pays. En effet, pour un tourisme fort et attrayant, il faut que tous nos chefs d’état et nos entreprises prennent le sujet à bras le corps – car il faut  avoir entre autres : des compagnies aériennes sures avec des liaisons aériennes aisées pour les voyageurs ; des aéroports répondant aux normes internationales ; des routes en bon état ; une  gamme d’hôtel diversifiée s’adressant à toutes les catégories de touristes ; des hôtels avec du personnel bien formé et un service impeccable ; des échanges monétaires moins couteux ; une sécurité accrue des nationaux et des touristes.

Des lacunes encore trop importantes

Même si certains efforts sont faits et que nous assistons à une recrudescence de constructions d’hôtels par exemple, il est encore navrant d’avoir des routes quasi inexistantes pour y accéder et un environnement où il n’est pas rare d’avoir quelques détritus à quelques centaines de mètres de là. Une fois arrivé, vous pouvez alors assister chez certains à une déficience de formation du personnel pour qui les règles élémentaires de bienséance hôtelière n’ont pas été correctement enseignées. A l’aéroport, il y a certes quelques plus dans certains pays qui ont compris que les bons services aéroportuaires font partie intégrante d’un voyage réussi et empli de bons souvenirs, mais encore trop de lacunes dans d’autres contrées. Que dire également du prix d’achat des billets qui est souvent très excessif alors que nous savons tous que les familles sont éclatées à travers plusieurs pays et qu’il est souvent difficile d’aller les visiter ? L’Afrique n’est-elle pas capable d’avoir ses propres compagnies « low cost » inter-régionales qui soient sures et avec des horaires respectés ?

Un triple eldorado de croissance

Nous avons les matières premières, la main d’œuvre et le soleil – donc toutes les adéquations pour tripler nous-mêmes notre économie touristique sans encore une fois compter sur les autres. Dans le monde, l’Afrique est vue comme un eldorado de croissance où il fait bon investir et nous assistons à des développements de startups en tout genre, mais il serait temps que nous – africains – nous investissions dans nos pays de manière importante et sur la durée, et pourquoi pas dans le tourisme. Le tourisme en plus d’être un pilier économique, c’est aussi l’image de dynamisme d’un pays que ce soit à l’intérieur ou vu de l’étranger.

Mieux exploiter l’image du continent

En mars 2017, s’est tenu à Paris le Salon mondial du tourisme… et devinez quoi ? A part l’Afrique du Nord qui était bien représentée, seuls étaient présents les Comores, l’Ouganda et Zanzibar. Que nous vaut ce manque d’exploitation de notre propre image ? Des stéréotypes encore bien ancrés en Europe et ailleurs, où il est dit que «  l’africain est un assisté et qu’il est chanceux de vivre tous les jours au soleil ».  Mais nous savons tous que certains pays sont en marche vers le succès avec par exemple l’Ethiopie,  le Nigéria et l’Afrique du Sud qui sont dans le palmarès des pays ayant créé le plus d’emplois dans le secteur touristique, et qu’il faut que les autres pays prennent la relève. Des simplifications d’obtentions de visas, un visa commun en Afrique de l’Est, ce sont des petites avancées pour certains mais cela contribue peu à peu à la hausse des touristes.

Nous sommes, dès aujourd’hui, le continent de demain

Oui nous avons et nous avons eu des évènements lourds à gérer comme Ebola en Guinée et en Sierra Léone, entre autres, mais ce sont de ces crises que doivent s’engendrer un renouveau national voire continental. Il faut alors, au contraire, redoubler d’efforts pour enlever toutes peurs aux touristes. Nous sommes le continent d’aujourd’hui et de demain et nous devons suivre certains codes de développement internationaux pour avancer. Certains, car attention toutefois à ne pas dénaturer nos cultures nationales et à respecter nos propres valeurs. C’est pourquoi le groupe Ajicé – agence de développement de notoriété – est un pont entre l’Afrique et l’Europe et qu’il s’est positionné comme un acteur contribuant à l’amélioration de l’image de notre beau continent, dont le tourisme reste assurément l’un des meilleurs vecteurs.

 

* Cécile BARRY est la présidente du Groupe Ajicé, une agence spécialisée dans le Coaching de dirigeants ; le Recrutement et la formation des personnels de l’hôtellerie et de la restauration ; la Création ou la refonte de la stratégie de communication des organisations ; la Promotion par les médias et par son club de célébrités des offices de tourisme, des établissements touristiques et des évènements nationaux ; le Bureau de représentation.


 

 Auteur : Cécile BARRY // Photo : © Cécile BARRY

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