• « Il faut renforcer nos relations commerciales avec l’Allemagne » – Alpha Barry, ministre burkinabé des Affaires étrangères.
  • « Il faut renforcer nos relations commerciales avec l’Allemagne » – Alpha Barry, ministre burkinabé des Affaires étrangères.

« Il faut renforcer nos relations commerciales avec l’Allemagne » – Alpha Barry, ministre burkinabé des Affaires étrangères.

L’Allemagne – qui investit chaque année 10 milliards de dollars sur le continent, dont 90% repartis entre l’Algérie, Le Nigeria et l’Afrique du sud – envisage désormais de booster ses échanges commerciaux avec les pays du sud du Sahara. A cet effet, elle a annoncé la création d’une chambre de commerce et de l’industrie « germano-afro-francophone » lors du printemps germano-togolais d’avril dernier. Pour Alpha Barry, ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, les Etats africains doivent diversifier leurs relations commerciales avec d’autres pays, et en l’espèce avec Berlin. Interview.

Propos recueillis par Blamé Ekoué.

 

Quel intérêt porte le Burkina Faso à l’Allemagne, en s’associant à l’initiative d’une création d’une chambre de commerce « germano-pays africains francophones » ?

Comme vous le savez, l’Allemagne est la première force économique de l’Europe et nous voulions capitaliser sur cette rencontre germano-togolaise pour relancer la coopération entre le Burkina Faso et l’Allemagne. Par ailleurs, notre chef d’état vient d’effectuer récemment une visite avec des hommes d’affaires Burkinabé à Berlin. L’idée d’une création d’une chambre de commerce et d’industrie germano-pays africains francophones va non seulement permettre de relancer la coopération entre nos pays et cette puissance économique, mais aussi de booster les échanges commerciaux dans les deux sens. Je tiens à préciser que le but visé à long terme à travers cette initiative, c’est la création d’une chambre de commerce ouverte à tous les pays du continent.

Que gagne le Burkina à travers une telle initiative ?

Le Burkina Faso cherche avant tout à attirer des investissements étrangers et à avoir évidemment accès au marché allemand. Quand Je parle ici d’investissements, c’est-à-dire que nous aurons des entreprises allemandes qui vont venir investir au Burkina Faso à travers ce cadre, ce qui va consolider la confiance mutuelle. Il faut savoir que l’interrogation qui s’est toujours posée avec les allemands dans les affaires, c’est la question de la confiance. Parce qu’ils ne connaissent pas bien l’Afrique. Et surtout pas autant que nos partenaires traditionnels, que sont la France et la Grande Bretagne, qui connaissent bien nos Etats – compte tenu des relations historiques que vous savez. Mais, pour nous autres, nous les pays qui n’ont jamais eu une relation dans notre histoire avec les allemands, c’est une opportunité pour faciliter les échanges dans tous les secteurs. Il va donc falloir qu’on s’attèle à revoir nos codes des investissements et à réadapter certaines reformes aux réalités allemandes : afin d’attirer ces investisseurs une fois que la chambre aura pris forme.

ANA : Il existe déjà un cadre similaire de chambre de commerce et d’industrie « franco-pays anglophones africains. » Quel est le bienfondé de la création d’une telle structure pour les pays francophones d’Afrique ?

C’est une excellence initiative qui va permettre à nos Etats de diversifier les échanges et leurs rapports Nord-sud. Nous, les pays francophones d’Afrique, traditionnellement pour nos échanges, on pense toujours à la France… mais il y a d’autres partenaires. Et comme vous le savez, l’Allemagne est la première force économique de l’Europe. Donc s’ouvrir à ce pays, c’est assez important. Surtout à un moment où on essaie de diversifier nos relations commerciales avec d’autres territoires. Et puis cela va permettre au Burkina Faso de démarrer une vraie coopération avec l’Allemagne, à la suite de notre participation à cette si belle initiative que fut le forum germano-togolais. C’est pourquoi nous avons tenu à y participer – et nous tenons aujourd’hui à saluer la vision novatrice et régionaliste des autorités togolaises. Car en effet, le caractère régional va de soi dans ce projet – et nous nous félicitons que ce soit chez notre voisin togolais qu’ait germé cette idée de création d’une chambre germano-africaine francophone dont toute la sous-région pourra profiter.


 

Auteur : Blamé Ekoué // Photo : Alpha Barry, Ministre Burkinabé des affaires étrangères lors de sa rencontre avec le Bundestag © DR

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