• Germain Méba, le Bill Gates togolais
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Germain Méba, le Bill Gates togolais

« Aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». Cette citation de Pierre Corneille issue du Cid s’applique bien à la réussite professionnelle de Germain Essohouna Méba, l’un des hommes d’affaires les plus influents du Togo. Agé de 54 ans, le PDG de la société d’informatique Cib-Inta, par ailleurs président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo(CCIT), a connu une ascension professionnelle fulgurante depuis qu’il a osé se frotter au monde des affaires. Portrait.

Il a été initié aux affaires dès son plus jeune âge, au contact de sa mère notamment. En effet, celui que les Togolais surnomment le « Bill Gates togolais » aidait sa mère à élever des porcs qu’il vendait aux boucheries et restaurants, alors qu’il n’avait que douze ans. « J’ai compris très tôt que mon avenir serait dans l’auto-entrepreneuriat et je n’ai pas hésité à faire ce choix », répète avec fierté le PDG de la société d’informatique Cib-Inta, une structure qui a opté pour la « démocratisation » des TICs au Togo. Après l’obtention de son baccalauréat en 1986, M. Méba a entamé des études supérieures à l’université de Lomé (Togo) puis d’Abomey Calavi (Bénin). Mais sa passion pour l’informatique va prendre le dessus. Il va obtenir une bourse du gouvernement togolais, en 1988, pour étudier l’informatique à Toulouse. « Cette bourse va constituer un déclic dans cette aventure dans le monde de l’informatique », se rappelle l’homme d’affaires togolais. Après un master en informatique obtenu en Inde, celui qui dirige depuis octobre 2014 la Chambre du commerce et d’industrie du Togo va faire le pari risqué de retourner, en 1992, en terre natale.

Un retour gagnant malgré les risques

Son retour au bercail coïncide avec les agitations politiques des années 90, mais cela ne va guère le décourager. « Bon nombre de mes amis n’étaient pas d’accord avec ce choix, mais je sentais que je pouvais réussir chez moi au Togo », explique avec fierté l’homme d’affaires. Pour construire son empire, le jeune diplômé en informatique va passer par tous les moyens. En effet, il va connaître les affres de l’enseignement après un passage au lycée technique d’Adidogomé et à l’Ecole nationale d’administration (ENA). Mais, son amour pour l’entreprenariat ne sera jamais ébranlé. « J’ai cependant toujours gardé en tête l’objectif de créer ma propre boîte et ceci déjà à cette époque », confie l’homme qui fait partie du cercle très fermé des amis de Faure Essozimna Gnassingbé, le Président togolais. Le « Bill Gates togolais » ne va pas hésiter à mettre ses compétences à la disposition de l’Etat qui va l’engager comme un contractuel au ministère du Plan. Il sera chargé de l’automatisation du Programme d’investissements publics et du budget, en 1996. « Ce fut ma manière de payer en retour pour la bourse obtenue », souligne M. Méba.

La descente dans l’arène des affaires

Son amour pour un travail bien fait fera tâche d’huile partout il est passé. Cette qualité intrinsèque sera remarquée par l’une de ses connaissances au sein de la diaspora togolaise qui va lui confier la gérance de sa société de fourniture de matériel et solutions informatiques à Lomé, à la fin des années 90. Ceci va marquer le point de départ d’une success-story. Quelques années plus tar, il va penser à voler de ses propres ailes après avoir mis de côté une enveloppe financière d’environ 1 million de FCFA. C’est ainsi qu’il va monter, en 1997, sa première entreprise qui emploie aujourd’hui environ 500 personnes sur toute l’étendue du territoire togolais. Il s’agit de la société Carrefour Informatique et Bureautique (CIB), spécialisée dans la fourniture de matériel et de solutions informatiques. L’insatiable homme d’affaires ne va pas s’arrêter là. En effet, M. Meba va penser à diversifier ses activités en créant l’Institut des nouvelles technologies appliquées, une structure de formation par excellence. « Notre vision est de faire évoluer la technologie de l’information d’une réflexion sur les grands problèmes touchant les sociétés humaines à la compréhension de ces problèmes et de les résoudre par l’amélioration de nouvelles solutions informatiques », aime-t-il à répéter. Désormais, cette structure dispense des cours en informatique, communication et management des entreprises avec l’appui technique de Sikkim Manipal University et de l’Indian Institute of Hardware Technology (IIHT), deux prestigieuses universités indiennes réputées pour leurs formations à la pointe de la technologie. Le magnat togolais de l’informatique dispose aussi de plusieurs structures de transfert, national et international, de fonds. Il s’agit de Wari, Chrono Cash et Flooz qui couvrent environ 80% des opérations de ce secteur d’activité au Togo. Sa société est également fournisseur d’accès internet de Togo Telecom, une société publique de télécommunications. Germain Essohouna Méba préside, depuis novembre 2015, le bureau exécutif de la Conférence permanente des Chambres consulaires africaines et francophones (CPCCAF), une association à but non lucratif dont l’objet est de contribuer au développement du secteur privé africain. Il s’est assigné une seule mission à la tête du CPCCAF, celle d’« inciter les Etats africains à mettre en place des institutions financières pour accompagner les PME/PMI ». Malgré un emploi du temps très chargé suite à son élection au Parlement togolais, en 2013, ce père de quatre enfants trouve toujours le temps nécessaire pour se pencher sur les activités de son empire qu’il dirige souvent à distance


 

Par Blamé Ekoué

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