• La W.Afate, première imprimante 3D en matières recyclées made in Africa

La W.Afate, première imprimante 3D en matières recyclées made in Africa

Avec la volonté de développer l’inventivité sur le continent africain, la start-up togolaise Woebots a créé la W.Afate, une imprimante 3D, entièrement conçue à partir de rebuts informatiques.

La première imprimante africaine, 3D, W.Afate est née de la volonté de l’équipe de la communauté WoeLab, issue de la start-up Woebots, un espace dédié au développement de nouvelles technologies informatiques lancé en 2012, à Lomé, au Togo. La structure invite ainsi, tous les porteurs de projets numériques à venir participer à leurs recherches. « WoeLab est une communauté ouverte fonctionnant sur l’Intelligence Collective et qui compte aujourd’hui, environ une trentaine de jeunes, qui contribuent chacun, d’une façon ou d’une autre, au projet », précise Josué Tchirktema, cadre membre du WoeLab. La W.Afate est dotée du concept LowHighTech développé par Sénamé Koffi, un membre actif de WoeLab. Le premier prototype de l’imprimante réalisée à partir d’e-waste, (déchets électroniques) a vu le jour en 2013. « WoeLab a pour ambition de développer des technologies natives élaborées avec des ressources disponibles localement. Les déchets informatiques qui sont pratiquement une ressource locale, facilement accessibles. Le problème de la prolifération des dépotoirs informatiques a retenu notre attention lorsque l’idée de produire une imprimante a été évoquée », indique Josué Tchirktema. Les rebus informatiques de type unités centrales, scanners, imprimantes, écrans plats… représentent, en effet,  un grand problème au Togo où de nombreux dépôts anarchiques fleurissent.

 

Contribuer à développer la créativité

 

Comme les imprimantes 3D traditionnelles, la W.Afate est capable de reproduire des objets grâce à un processus de fabrication additive. « Il s’agit d’une machine qui est commandée par ordinateur et qui produit des objets en volume à partir de fichiers de dessins 3D. Les consommables utilisés sont des bobines de filament en plastique. Après avoir fondu, le filament ressort par un orifice et est déposé, couche par couche, sur un plateau dit d’impression. C’est ce dépôt successif de couches qui donne des objets en 3D. L’imprimante est reliée à l’ordinateur par l’intermédiaire d’un câble USB », ajoute le membre cadre de WoeLab. La W.Afate à d’ailleurs déjà servi dans plusieurs projets, comme la réalisation de systèmes d’arrosage automatiques, de serveurs informatiques, d’ustensiles agricoles… En donnant une seconde vie au matériel informatique devenu obsolète la communauté WoeLab offre donc, l’opportunité de développer des projets collaboratifs et open source à l’échelle locale, mais aussi en vue de proposer des produits à des sociétés étrangères. « Nous avons une stratégie pour le marché occidental, mais qui passe par des partenariats avec les grands fabricants sur une sorte de “service après vie” des produits qu’ils vendent à leur client. Nous aimerions intégrer un incubateur en Europe pour bien asseoir cette projection », ajoute Josué Tchirktema. D’ailleurs la start-up a participé à de nombreux forums et salons à l’échelle internationale, comme le Maker-Faire, le Printshow… La W.Afate a reçu plusieurs prix : celui de la meilleure innovation africaine, lors de l’Africa Innovation Submit qui a eu lieu au Praia, au Cap-Vert, en février 2014. Elle a reçu le prix du Global Fab Awards de la meilleure invention jamais sortie d’un fablab, à Barcelone, en juin 2014. Le dernier prix remporté est celui du Netexplo, à la Maison de l’innovation à Paris, en février 2015.

 

Si la start-up émet la volonté de commercialiser un jour la W.Afate, elle continue de travailler sur des modèles économiques qu’elle définit comme étant plus subtils et en adéquation avec sa volonté d’en faire un outil de solidarité numérique, dans le but de permettre à l’Afrique de prendre résolument « le train de la 3ème révolution industrielle ». « La W.Afate incarne une vraie vision de démocratie technologique et nous avons élaboré un modèle destiné à toutes les couches de la société : le Programme #3DprintAfrica qui est subdivisé en plusieurs volets : « Educatif », afin d’introduire l’imprimante dans les écoles et toucher les enfants qui sont de futurs utilisateurs de cette technologie. Les « cybercafés », pour que la technologie rencontre le “peuple”. Enfin, vient le volet « Conférences » en direction des professionnels, dont la troisième édition aura pour thème: « Impression 3D et Mode; quels challenges pour l’Afrique », qui aura lieu en décembre 2015 », précise Josué Tchirktema. Donner une nouvelle dimension et promouvoir l’inventivité du continent Africain, c’est dans cette perspective que continuent de travailler activement


 

Par Darine Habchi

 

 

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