• Interview Stéphane Richard PDG Orange « Devenir un opérateur digital multi-services »

Interview Stéphane Richard PDG Orange « Devenir un opérateur digital multi-services »

Présent dans 20 pays en Afrique et au Moyen-Orient avec près de 120 millions de clients et 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017, l’opérateur de télécom français Orange a mis l’Afrique au cœur de sa stratégie de développement.  Un groupe qui se veut également partenaire du développement du continent ainsi que l’explique Stéphane Richard, PDG du groupe Orange. Interview exclusive pour ANA.

 

Orange est partenaire de la plateforme Women In Africa (WIA) Initiative. C’est à ce titre que vous participiez, en septembre dernier, au Sommet mondial de WIA, à Marrakech. Comment votre groupe accompagne les femmes du continent ?

Orange est un grand acteur de l’économie africaine. Présent dans une vingtaine de pays, avec près de 120 millions de clients, 18 000 salariés, il est au cœur de la révolution numérique, de la transformation digitale qui peut être un changement historique pour l’Afrique et une opportunité de développement fantastique. Ce qui passe beaucoup par les femmes. C’est ce que j’ai voulu témoigner lors de cet événement. C’est parce que nous sommes convaincus que le digital peut être un accélérateur de développement extraordinaire pour l’Afrique, que cette transition sera en grande partie portée par l’inclusion et le rôle des femmes dans cette transformation digitale, qu’Orange s’associe à cet événement. Le groupe Orange, à travers sa Fondation notamment, présente dans tous les pays africains où nous opérons, porte de nombreuses actions et engagent d’importants programmes en direction des femmes dans le cadre de cette transformation digitale.

Une transformation digitale à laquelle vous contribuez. Quelle est la stratégie du groupe Orange en Afrique et quel rôle voulez-vous jouer dans ce phénomène qui « révolutionne » l’Afrique ?

Orange est présent sur le continent depuis 20 ans et souhaite s’y développer. On y investit 1 milliard d’euros chaque année, notamment pour construire des réseaux de nouvelles générations, dans le mobile et le fixe. Au-delà de ce rôle, celui des opérateurs traditionnels, Orange veut explorer de nouveaux territoires, de service. A travers le mobile banking, la finance monnaie, qui est un très grand service populaire aujourd’hui sur lequel on a encore beaucoup à faire, en enrichissant progressivement les services que l’on propose à nos clients d’Orange Money, mais aussi en allant dans le domaine de l’énergie dans certains pays, la santé, l’éducation… Notre stratégie en Afrique, c’est de devenir un opérateur multi-services du digital, pas seulement l’opérateur qui fournit la connectivité, mais celui qui apporte des solutions. Des solutions évidemment disponibles sur des téléphones, des Smartphones, des tablettes, des ordinateurs, tous les supports du numérique, et permettent de résoudre des problèmes que connait l’Afrique et qui sont autant d’obstacles à son développement.

Avec notamment son offre Orange Money qui permet le transfert d’argent et des services financiers sur mobile disponible dans 17 pays et qui compte 40,2 millions de clients. Orange, a pour ambition d’être un opérateur multi-services, partenaire de référence de la transformation numérique du Continent.

Vous opérez dans un secteur, ceci dit, très concurrentiel. C’est à ce niveau que vous souhaitez faire la différence, sur l’impact socio-économique ?

Orange est une entreprise très soucieuse de sa responsabilité sociétale, dans les pays où il opère, et particulièrement en Afrique. Nous sommes une société française, de télécommunications, qui manie des capitaux très importants, et opère dans des pays où les problèmes de développement sont aigus, ce qui nous confère une responsabilité particulière. On a ainsi créé des Fondations Orange dans la quasi-totalité des pays où nous sommes présents et qui mènent des actions très importantes.

Pour n’en citer qu’une, nous avons décidé de créer, dans tous les pays où nous sommes, des lieux particuliers, des hub qui regroupent toutes les actions phares que l’on mène dans ces pays, à la fois en terme de formation, en particulier les ateliers de codage que l’on ouvre à un maximum de jeunes ; de l’accompagnement des start-up avec des fonds d’investissement et un système de mentoring ; bien sûr des ateliers de formations, des  Fab Lab ouverts au plus grand nombre et qui permettent de disposer d’un certain nombres de moyens… Tous regroupés dans un lieu, un centre digital d’Orange en Afrique, pour permettre à ces jeunes de venir à notre rencontre.

On a tendance à qualifier l’Afrique de terre d’innovation. Réalité ou fantasme ?

Ce qui est sûr, c’est que pour l’Afrique, le digital est une opportunité extraordinaire. Il ouvre un champ quasi infini de possibilités. Parce que le digital permet, déjà à proprement parler, de faire communiquer tous les citoyens, les hommes comme les femmes, y compris dans les zones les plus reculées ; de décupler les possibilités de commerce, d’échange de marchandises mais aussi d’idées ; des possibilités d’accès à l’éducation, la culture, à la santé qui n’existaient pas avant. C’est d’abord et avant tout l’ouverture d’un immense champ de possibilités. Cela donne aussi la possibilité à des personnes qui veulent ouvrir une société de le faire de façon très simple, pour peu qu’on leur facilite la tâche qu’on leur donne quelques moyens.  Le digital, au fond, c’est la capacité de distribuer de l’intelligence partout, de susciter des vocations. Il permet à des personnes, car tous les hommes et les femmes ont des idées, de les exprimer et de les transformer dans un projet économique. Je suis convaincu que l’Afrique est une terre d’innovation, et d’entrepreneurs, et que le digital va permettre à ces entrepreneurs, y compris de nombreuses femmes, de passer à l’acte.


 

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