• Artisanat SIAO 2018, un secteur clé en mal de reconnaissance
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Artisanat SIAO 2018, un secteur clé en mal de reconnaissance

Le secteur de l’artisanat est le deuxième pourvoyeur d’emplois après l’agriculture et l’élevage, il contribue pour près de 20% au PIB du Burkina Faso. C’est dire l’importance qu’il représente dans ce pays comme d’autres du continent. Reste à le moderniser et accompagner les artisans vers la pérennisation de leur art. Ce qui était au programme de la 15éme édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), la grande messe de l’artisanat, qui célèbre cette année les 30 ans de sa création à l’initiative de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara… 

Par Ibrahima Sanou à Ouagadougou

Le contexte sécuritaire difficile n’a pas empêché près de 250 acheteurs professionnels, 3500 exposants et 300 000 visiteurs de se réunir à la 15ème édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), qui n’est autre que la plus grande foire de l’artisanat du continent. La manifestation biennale s’est ouverte le 26 octobre, en présence du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore et la Gouverneure générale du Canada Julie Payette sous le thème « Artisanat africain, exigences du marché et développement technologique ». Car l’artisanat, à l’image du continent, est une véritable niche pour les économies africaines. Le président de l’Assemblée nationale Alassane Bala Sakande a rappelé que le secteur est le deuxième pourvoyeur d’emplois après l’agriculture et l’élevage. Il contribue pour environ 20% au produit intérieur brut du Burkina Faso. C’est dire son poids économique et culturel pour les populations.

Dans le pavillon de la créativité, Carole Sanhouidi présente ses produits à base de pagnes tissés et de cuir, principalement les accessoires de mode, de linge de maison tels que des nappes de table, des coussins, des objets spécialisés pour bureau, des sacs d’écoliers et de l’habillements. Pour la créatrice de la marque FemFaso, qui signifie Femme du Burkina Faso, cette 15e édition du SIAO est une nouvelle opportunité de promouvoir ses articles. « Nous attendons de cette édition, des acheteurs professionnels et des visiteurs de nos stands ». Davantage de et visibilité en somme. Ce n’est pas un hasard si cette édition est marquée par l’organisation de la première édition du « Prix d’excellence pour la transformation et la promotion des produits locaux ». Un prix pour récompenser le meilleur artisan burkinabè qui a une capacité de transformation, de façon innovante, des matières premières locales et faire leur promotion. Une façon d’encourager ce qui manque cruellement au secteur de l’artisanat local : la communication.

L’artisanat africain doit s’adapter au changement du monde

La conséquence directe de ce manque de visibilité sont les faibles retombées financières pour les artisans. « Si les filières artisanales veulent être compétitives à l’échelle mondiale, il est impératif qu’elles fassent un recours constant aux structures et actions nouvelles, les mieux conformes aux temps nouveaux dans lesquels nous vivons sans pour autant perdre leur identité », estime Alassane Bala Sakande. Pour cela, quoi de mieux que le numérique. « Dans ce village planétaire, l’exigence de l’excellence et de l’innovation permanente, commande que les pouvoirs publics accompagnent le monde de l’artisanat par des politiques ambitieuses ». Aussi, il a assuré les acteurs de l’artisanat de la disponibilité et de l’engagement du parlement burkinabè, à fournir les outils législatifs nécessaires à l’émergence d’un artisanat qui nourrit véritablement l’artisan.

Le directeur général du SIAO, Dramane Tou, confirme le choix du thème vise à permettre aux différents acteurs de réfléchir à la façon de profiter de la magie qu’offrent les nouvelles technologies, pour connaître les besoins des consommateurs à travers le monde, réduire la pénibilité du travail des artisans, et produire les quantités désirées par les acheteurs professionnels, tout en respectant les normes de qualité et les délais de commande. Selon lui, « grâce à ces outils, les artisans peuvent présenter leurs produits au monde entier à travers des galeries virtuelles. Ils peuvent faire le e-commerce, rester chez eux, vendre un produit, l’envoyer chez le consommateur et recevoir l’argent via la monnaie électronique ».

De son côté, pour le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat Harouna Kabore, si l’artisanat africain doit s’adapter au changement du monde et aux goûts de la clientèle, au risque de se faire noyer par la concurrence venant d’ailleurs, cette modernisation et la recherche de débouchés pérennes ne peuvent se faire sans l’intervention de l’Etat. « Je demande le soutien des institutions et organisations qui s’occupent de la recherche technique appliqués pour une identification systématique des diverses possibilités d’améliorations des techniques artisanales et de la qualité des produits ». Et de déclarer qu’en utilisant au mieux les traditions artisanales vivaces et les multiples possibilités offertes, l’Etat et ses partenaires réussiront à entraîner une plus grande masse d’artisans à fournir du travail soigné pour une plus grande compétitivité artisanale.

Madagascar au SIAO pour rencontrer l’Afrique de la créativité

Cette 15ème édition du SIAO coïncide avec les 30 ans de sa création à l’initiative de l’ancien président burkinabè Thomas Sankara assassiné en octobre 1987. Saisissant l’occasion, le parrain Alassane Bala Sakande a exhorté la direction générale de baptiser, dès la prochaine édition, le plus grand pavillon du siège du Salon « Thomas Sankara » et qu’un prix spécial lui soit dédié. « Ce prix devra récompenser l’œuvre d’art dont l’originalité tiendra à la fois du génie créateur et de l’esprit panafricaniste de son auteur. Pour ce faire, l’Assemblée nationale est disposée à accompagner le SIAO par l’institutionnalisation d’une ligne budgétaire consacrée au financement du prix Thomas Sankara », a-t-il détaillé. Les idées des élus et responsables burkinabés pour booster l’artisanat ne manquent pas. Persuadés que le secteur mérite amplement une meilleure place à l’international. C’est également l’avis d’Eléonore Johasy. La ministre de la Culture, de la Promotion de l’artisanat et de la Sauvegarde du patrimoine de Madagascar s’est réjouie du choix de son pays, comme pays invité d’honneur de cette édition du SIAO, trente années après sa création. « Nous sommes ici pour rencontrer l’Afrique de la créativité, des artisans, des petites mains, de petits métiers qui peuvent faire de grands changements ». Elle se dit convaincue que les échanges commerciaux, culturels, politiques et surtout humains entre pays, inspireront tous ceux qui autour de l’artisanat, contribuent à faire progresser les pays africains. « L’artisanat nous permet aussi de construire notre avenir car à travers ses produits, nous nous réapproprions le monde et ses marchés ».


Par Ibrahima SANOU à Ouagadougou

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