• Parcours Djelika Yeo, entreprenante et dynamique
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Parcours Djelika Yeo, entreprenante et dynamique

Djelika YEO, Directrice Générale de l’agence Pluriel Communications, est devenue en quelques années le visage de l’entrepreneur féminin en Côte d’Ivoire. Animatrice de l’émission « Entreprenantes et Dynamiques » diffusée sur la RTI 1, elle organise le Forum des Femmes rurales, les 6 et 7 juillet à Abidjan.

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed 

Djelika, vous incarnez l’entreprenariat féminin en Côte d’Ivoire. Qu’est-ce qui vous a amené à choisir cette voie ?

« Partir de rien pour devenir quelqu’un ! ». J’illustre modestement mais parfaitement, je crois, le slogan de l’émission que j’ai créée « Entreprenantes et Dynamiques » diffusée un dimanche sur deux sur la RTI 1 qui connaît depuis plusieurs années un grand succès en Côte d’Ivoire. Elle est produite et financée sur fonds propres à partir des bénéfices de « Pluriel Communications », ma structure de communication qui a pignon sur rue aux Deux Plateaux à Abidjan et compte désormais sur la place. Ce slogan, c’est le véritable ADN de notre société. Il dit tout de notre démarche et de ma personne : on peut réussir, en partant de rien, si l’on s’en donne les moyens et que l’on travaille nuit et jour. Car le travail acharné est la clé de la réussite. Je vous en donne un exemple. Présidente de la toute nouvelle Fédération ivoirienne de mini-football, je viens ainsi de ramener de Libye la première Coupe d’Afrique des Nations (CAN), dont la finale s’est disputée le 12 mai dernier à Tripoli en Libye. Grâce à une excellente équipe soudée et à un coach hors-pair, Eugène Beugré Yago, la Côte d’Ivoire est fière d’avoir remporté de haute lutte cette compétition en battant aux tirs au but le Sénégal. Or, rien ne présageait cette victoire inattendue. Nous sommes partis d’Abidjan presque sur la pointe des pieds parce que nous étions en effectif réduit par rapport à nos adversaires et sans grands moyens. Nonobstant toutes ces difficultés, nos garçons se sont bien battus de façon exemplaire sur le terrain. Nous avons été couronnés de tous les titres : meilleure équipe, meilleur joueur et meilleur coach de la compétition. Et, nous sommes qualifiés d’office pour le Mondial de Mini Football qui se jouera en Australie en 2019.  Dès notre retour à Abidjan, nous avons reçu les félicitations et encouragements des autorités ivoiriennes. Notamment du ministre des Sports et de Loisirs, Monsieur Amichia François Albert qui a promis d’octroyer des moyens adéquats à notre jeune fédération pour que l’équipe nationale soit préparée à défendre les couleurs nationales au prochain mondial. J’avoue que cette victoire inattendue des Eléphants offre un bel avenir au Mini football en Côte d’Ivoire.  Au plan continental, le succès de la première CAN du point de vue de son organisation ouvre également de belles perspectives pour ce sport. Membre de la Confédération du Mini football, je suis chargée de son développement en Afrique de l’Ouest. Une mission que j’assume avec beaucoup de responsabilité. Si des pays comme la Côte d’Ivoire et le Sénégal se sont dotés d’une fédération de Mini football, mon objectif est d’implanter ce sport dans toute la sous-région. Autres cordes à mon arc, je suis responsable Afrique Subsaharienne du Salon International de l’Agriculture, du machinisme agricole et de la pêche du Tunis (SIAMAP) et femme d’affaires dans divers domaines.

Qu’est-ce qui vous a amené à vous mobiliser pour les femmes entrepreneures ? 

Je dis bien souvent : « Mon mari, c’est le travail ». Et aujourd’hui, je ne fais que cela. C’est dans cet esprit que je mobilise pour que mes sœurs, les femmes de Côte d’Ivoire et de la sous-région, s’en sortent un peu mieux et que les plus « battantes » d’entre elles réussissent comme elles le méritent. Je voyage beaucoup et je connais bien désormais le Maghreb et le monde arabe. Je suis souvent en Tunisie et au Maroc et ces pays, parmi d’autres bien sûr, cherchent à développer les relations et la coopération Sud-Sud pour accélérer le développement de l’Afrique en général. Prenons la Tunisie, par exemple, elle a un niveau de savoir-faire excellent qui lui est reconnu dans le domaine de la Santé notamment et bien des pays de l’Afrique sub-saharienne pourraient en profiter. Car il nous faut créer des synergies économiques qui soient profitables à toutes. Créer un Forum comme celui d’Abidjan, où les femmes leaders du monde arabe comme de la sous-région puissent trouver des partenaires d’affaires avec leurs homologues de chez nous, conclure des projets et signer des accords « gagnant-gagnant ». C’est pourquoi je m’évertue à développer beaucoup la mise en relation et le « réseautage » entre femmes d’influence et de bonne volonté. Bien des femmes ne demandent qu’à faire des affaires. Encore faut-il les mettre en relation. Je m’y emploie tous les jours.

Et vous leur offrez chaque année une tribune, lors de la conférence annuelle des Femmes entreprenantes et dynamiques…

Cette rencontre a la particularité de mettre en lumière et à l’honneur de nombreuses femmes actives du monde rural et de toutes les régions de Côte d’Ivoire, souvent oubliées ou délaissés par les forums économiques qui se déroulent aux quatre coins de l’Afrique. Ce sont pourtant ces « Mamans », comme on dit ici, qui font tourner l’économie du pays et portent à bout de bras et d’efforts méritoires la croissance nationale. Et il y a, parmi toutes ces femmes, de très belles histoires vraies qui illustrent parfaitement elles-aussi notre slogan devenu célèbre : « Partir de rien pour devenir quelqu’un ! ». Ce sont ces femmes – dont certaines seront distinguées en  recevant un Prix au cours de la soirée de gala – que je cherche à mettre en avant. Pour qu’elles deviennent des exemples pour la jeunesse non seulement ivoirienne, mais africaine.

Que nous réserve cette 4ème édition ?

Cette 4ème édition de la Nuit de Gala des Femmes « Entreprenantes et Dynamiques » est précédée cette année d’un Forum international des Femmes Entreprenantes et Dynamiques (FIED 2018), qui se déroulera lui-aussi, les 6 et 7 juillet, dans le cadre prestigieux du Palais des Congrès du Sofitel Ivoire d’Abidjan sur le thème : « La femme, incubateur du développement». Tout un programme !

Avec un certain nombre de personnalités, dont les noms seront bientôt dévoilés, quatre panels seront organisés sur les thèmes suivants : « Les horizons de partenariats entre Femme arabe et Femmes africaine » ; « L’inclusion financière : l’amélioration de l’accès au financement pour renforcer l’autonomisation des femmes rurales » ; « Leadership des femmes dans la gouvernance économique » ; « Femmes rurales et changement climatique : adaptation et nouveau mode de vie ».

Voilà donc un programme alléchant. D’autant plus que seront également organisées – en marge de ces panels – de nombreuses rencontres B to B, des signatures de partenariats permettant de donner des résultats plus concrets à tous ces échanges et rencontres entre femmes leaders, qu’elles soient connues ou encore méconnues.


Pour y participer : www.entreprenantesetdynamiques.com

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