• Ports africains Une amélioration de 25 % des performances portuaires de la région permettrait d’augmenter le PIB des pays d’Afrique subsaharienne de 2%
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Ports africains Une amélioration de 25 % des performances portuaires de la région permettrait d’augmenter le PIB des pays d’Afrique subsaharienne de 2%

Une étude a été réalisée par « Strengthening Africa’s gateways to trade » du cabinet de conseil et d’audit PwC, destinée à mesurer les facteurs d’attractivité des ports africains et leurs contributions aux objectifs de croissance de l’Afrique subsaharienne. Le résultat est sans équivoque : améliorer les performances porturaires de 25% se traduirait par 2 points de croissance pour l’Afrique subsaharienne.

Par Lilia Menouter

Une amélioration de 25 % des performances portuaires de la région permettrait d’augmenter le PIB des pays d’Afrique subsaharienne de 2%; 50% des opérateurs portuaires d’Afrique de l’Ouest estiment que les réseaux routiers ne sont pas dimensionnés pour écouler les volumes de marchandises débarquées;  2,2 milliards de dollars pourraient être économisés chaque année en coûts logistiques, si la capacité moyenne des principaux ports d’Afrique subsaharienne doublait; Abidjan en 4ème position en termes d’attractivité parmi les hubs maritimes d’Afrique subsaharienne. Ce sont les 4 principales conclusions d’une étude réalisée par « Strengthening Africa’s gateways to trade » sur l’activité portuaire en Afrique subsaharienne. Une étude, réalisée par le cabinet de conseil et d’audit PwC, destinée à mesurer les facteurs d’attractivité des ports africains et leurs contributions aux objectifs de croissance de l’Afrique subsaharienne.

“Grâce à la diversification et au renforcement de l’attractivité de ses infrastructures portuaires, l’Afrique subsaharienne commence à accélérer son intégration à la mondialisation”

“Aujourd’hui, l’Afrique subsaharienne ne participe que très faiblement au développement du commerce mondial, malgré le potentiel économique de son secteur portuaire et maritime. Ce retard s’explique par une contribution qui s’est longtemps essentiellement limitée à l’exportation de matières premières (le pétrole, le cacao, le charbon, l’huile de palme et le bois de construction) et à l’importation de produits manufacturés, concluent les rapporteurs dans un communiqué de presse. Cependant, grâce à la diversification et au renforcement de l’attractivité de ses infrastructures portuaires, l’Afrique subsaharienne commence à accélérer son intégration à la mondialisation, comme à Abidjan qui figure dans le top 5 des hubs maritimes les plus attractifs.”

Les ports : clé de voûte du développement commercial de l’Afrique subsaharienne

Principales portes d’entrée, et de sortie, des marchandises en provenance, ou à destination, du continent, les ports africains freinent tant l’intégration économique intra-continentale que dans l’économie mondiale. En cause des infrastructures vieillissantes, des systèmes logistiques peu performants, une administration trop lourde et contraignante. Ceci étant dit, un certain nombre de pays, dans la Côte d’Ivoire avec son Port autonome d’Abidjan, ont entrepris d’ambitieux chantiers de modernisation de leurs infrastructures portuaires. Aménagements de nouveaux terminaux, de ports en eaux profondes, installation de guichets uniques… Autrement dit, un processus de mise aux standards internationaux des ports du continent. Un travail qui nécessite d’importants investissements. Mais qui, selon l’étude, se traduirait par des points de croissance : une amélioration de 25 % des performances portuaires de la région, permettrait d’augmenter le PIB des pays de la région de 2%. Ce qui atteste du lien étroit entre efficacité portuaire et compétitivité commerciale de la région.

Considérer les ports comme des “drivers de croissance”

“La tendance au sous-investissement est aggravée par le fait que les autorités (NDLR : africains), peut-on lire dans le communiqué, attendent généralement que les limites de capacité des ports soient atteintes pour investir, à l’inverse de pays comme la Chine par exemple qui considèrent les ports comme des drivers de croissance et anticipent les croissances de capacité”.

Une étude qui invite les autorités africaines à un changement de stratégie globale.  “Un changement de vision doit s’opérer afin de considérer les ports comme des investissements stratégiques dans l’intérêt national et mettre la priorité sur la croissance des volumes et de l’efficacité. Les grands pays du transport maritime dans le monde se sont développés selon le modèle hub and spoke avec des hubs aptes à recevoir les plus grands navires et à redistribuer le trafic vers de plus petits ports de la région. L’Afrique sub-saharienne n’a pas explicitement développé un tel modèle, même si certains ports prennent naturellement le rôle de hub. Cette évolution est cependant rendue nécessaire par la croissance continue de la taille des navires – presque aucun port africain ne peut aujourd’hui accueillir les nouvelles générations de navire Post / New Panamax – et par la nécessité de réaliser des économies d’échelle dans les ports africains. Les pays qui bénéficient d’une position stratégique avec une bonne connectivité vers les pays voisins, d’un hinterland important, et de plates-formes portuaires efficaces prêtes à supporter d’importants volumes ont des chances de devenir des hubs maritimes majeurs.” Et de citer en exemple  les ports de Durban, pour l’Afrique australe, d’Abidjan (pour l’Afrique de l’Ouest) et de Mombasa (pour l’Afrique de l’Est).

Vers un nouveau mode d’administration des ports

L’étude recommande également de suivre le modèle dominant dans le monde du landlord, à savoir, des ports propriétés d’une entité publique mais dont des opérateurs privés gèrent l’exploitation et l’investissement dans les équipements. ” L’investissement privé tend à devenir la norme, mais de nombreux États africains sont réticents à perdre le contrôle sur l’investissement portuaire du fait de l’importance stratégique de ces actifs. Un modèle est donc encore à trouver qui permette de bénéficier pleinement de la capacité d’investissement du privé tout en assurant un niveau de régulation suffisant et une capacité d’orientation stratégique par les pouvoirs publics.”


 

Par Lilia Menouter

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