• Journée des Océans « C’est une révolution ! »

Journée des Océans « C’est une révolution ! »

Le 8 juin dernier, à l’occasion de la journée mondiale des océans, se tenait à Londres la première édition du Blue Africa Forum. Un évènement destiné à promouvoir le potentiel de l’économie bleue en Afrique. Une centaine de participants, originaire des cinq continents, ont démontré que l’avenir de demain sera bleue… ou ne sera pas.

Par Dounia Ben Mohamed, en direct de Londres

 

« C’est une révolution ! » Dès la vieille, pour le cocktail d’ouverture, l’organisatrice de l’événement, Leïla Ben Hassen, CEO de Blue Jay Communication, donne le ton. « L’Afrique a perdu assez de temps. L’économie bleue est inscrite dans l’Agenda 2063 de l’Union Africaine. Il est temps de passer à l’action ! » Et elle y aura contribué à travers une rencontre inédite, la première édition du Blue Africa Forum qui se tenait le 8 mai dernier, à Londres. 

Une date qui n’a pas été choisie au hasard : l’événement coïncide avec la Journée mondiale de l’océan. Plus d’une centaine de personnalités originaires des cinq continents y ont participé, experts, ministres, représentants gouvernements, ONG, universitaires… Avec la même certitude : l’avenir de l’Afrique sera bleue. « L’Afrique présente des opportunités majeures d’investissement dans l’économie bleue et une réponse aux défis de développement durable, a ainsi indiqué Paul Holthus, PDG du World Ocean Council. Nous travaillons à rassembler les leaders de la communauté des affaires en Afrique pour répondre à ces opportunités. ” “Parce que l’économie bleue est un concept si large, nous devons lui apporter de la cohérence, a complété David Luke, coordinateur du Centre de Politique Commerciale Africaine au sein de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique. En ce qui concerne l’Afrique, nous devons faire partie du changement que nous voyons sur le continent pour que l’économie bleue ait du succès.”

Seychelles, Maurice, Togo, Ghana… L’économie bleue, inscrite dans les plans de développement

Sachant que plusieurs initiatives sont déjà en cours sur le continent « bleu » comme on pourrait désormais l’appeler pour son potentiel. Ainsi, des ministres et représentants des Seychelles, du Togo, du Togo, de l’Île Maurice ou encore du Kenya ont tour à tour présenté leur politique de développement de l’économie bleue dans leur pays respectif. Des feuilles de route aujourd’hui inscrite dans les plans de développement nationaux de nombreux pays africains. Parmi lesquels les Seychelles, qui ont créé un ministère dédié au secteur. Le Togo également. . « Je viens du Togo, dans le Golfe de Guinée. Un territoire marqué par des actes de pirateries et nombres de trafics. La priorité a été de combattre l’insécurité et les trafics illégaux, souligne Stanislas Baba, ministre-conseiller, chargé des questions de la Mer. Aujourd’hui, nous avons aujourd’hui une stratégie pour développer notre économie bleue. Il faut savoir qu’en raison de la pêche illégale, notre pays perd 30 millions de FCFA par an. » Des efforts qui ont porté leur fruit assure-t-il : aujourd’hui le Togo sert de port d’escale pour un certain nombre de navires qui transitent dans la région parce qu’il est considéré comme « sûr ».

Le Ghana également a mis en place une stratégie ainsi que tout un écosystème destiné à favoriser l’essor de l’économie bleue. « Nous avons fait des efforts pour valoriser notre potentiel, indique Elizabeth Afoley Quaye, ministre des Pêches et du développement de l’aquaculture. Nous avons adopté des lois, favorisé les meilleurs pratiques et nous accompagnons les éleveurs de poisson. » Des éleveurs également accompagnés sur le plan technique : ils bénéficient de programme de formation au sein de l’université maritime. Un établissement destiné par ailleurs à former les jeunes générations aux métiers de la mer afin qu’ils en saisissent les opportunités.

« Le continent africain doit travailler ensemble au niveau national et régional pour mettre en place un système de gouvernance maritime durable qui profitera à l’ensemble du continent ».

Préservation, financement, emplois pour les jeunes, lutte contre les trafics et sécurité maritime… Tous les thèmes auront été abordés au cours de cette intense journée d’échanges. Pour aboutir sur un certain nombre de recommandations et une conclusion qui aura fait l’unanimité : « le continent africain doit travailler ensemble au niveau national et régional pour mettre en place un système de gouvernance maritime durable qui profitera à l’ensemble du continent ».

«L’économie bleue n’est pas simplement de la responsabilité des 38 pays côtiers africains, mais elle est également une alternative pour leurs voisins enclavés, a rappelé Leila Ben Hassen. Nous devons tous contribuer à mettre en œuvre l’économie bleue, une des solutions pour contribuer à réduire la pauvreté, améliorer les moyens de subsistance et assurer un développement socio-économique durable en Afrique. ”

A propos de Blue Jay Communication: 

Blue Jay Communication – l’organisateur du FEBA 2018 – est une agence internationale de communication, de relations publiques et d’événements centrée sur l’Afrique. Avec plus de 15 ans d’expérience en communication dans toutes les régions d’Afrique et à l’international, Blue Jay collabore avec des organisations multilatérales et des gouvernements, afin de construire une image forte et positive de l’Afrique et briser les stéréotypes négatifs qui entourent le continent depuis des années. Leila Ben Hassen est la PDG de l’agence et la fondatrice du FEBA 2018.

Pour en savoir plus : https://www.abef2018.com/


 

Par Dounia Ben Mohamed, en direct de Londres

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