• Reportage Ouganda Huile de palme, clé d’une croissance inclusive
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Reportage Ouganda Huile de palme, clé d’une croissance inclusive

Cette année, la croissance de l’Ouganda, en plein chantier, devrait être portée par le pétrole, le développement de l’activité touristique, et… l’or rouge. Une pépite que les autorités nationales sont bien décidées à exploiter. Si l’huile de palme est décriée en Occident, ici, portée par la demande intérieure toujours grandissante, elle est perçue comme un accélérateur de développement. Reportage dans l’île de Kalangala où la production d’huile de palme a été vectrice d’une croissance inclusive.

 

Par Dounia Ben Mohamed, en direct de Kalangala, Ouganda 

« Kalangala figurait parmi les localités les plus sous-développées de notre pays. Aujourd’hui, elle est dans le top 3 des régions les plus prospères ». Si Connie Magomu Masaba, directeur du Vegetable Oil Development Project 2 (VODP2) auprès du ministère de l’agriculture ougandais, est aussi enthousiaste, c’est que le projet qu’elle porte affiche des résultats plus que convaincants. Elle en veut pour preuve les récentes statistiques sur le développement socio-économique de Bugala, l’île où le VODP2 a été expérimenté. « En 2000 le district de Kalangala a été classé 71ème le plus pauvre de l’Ouganda, sur 76, par les Nations-Unies, rappelle Connie. Selon une étude que nous avons menée, il y a eu une amélioration générale des conditions de vie des habitants de l’île de Bugala entre 2016 et 2002.

D’énormes changements ont été enregistrés dans les conditions de vie des populations. Ils sont devenus propriétaires, ils ont pu envoyer leurs enfants à l’école, avoir accès à des crédits… » Dans le détail, alors que l’huile de palme est devenue la première source de revenu pour 30% des habitants de l’île, devant la pêche et l’aquaculture, jusque là seules activités économiques locales. Désormais 78,6 % des habitants sont propriétaires contre 66,2% en 2002. Alors que l’île comptait 59% de déscolarisés en 2002, elle n’en affiche que 19,9% en 2016 ; 53% du panel a été au bout de ses études primaires, suivis par 22,4% et 3,4% qui ont atteint respectivement le secondaire et tertiaire en 2016. 70,5% des ménages ont accès aux services de santé. 44,7% des ménages ont eu accès à un crédit avec la plus grande proportion (32,9%) y accédant par les banques, dont 46% de femmes.

« Grâce à l’huile de palme, les habitants ont accès à l’énergie solaire, des routes, des écoles et des hôpitaux. L’économie se développe et cela créé de l’emploi. » 

Entre temps, le projet VODP, une initiative du ministère de l’agriculture, en collaboration avec le Fonds international de développement agricole (FIDA), doté un budget 149,5 millions de dollars avait pour objectif de contribuer à une réduction durable de la pauvreté dans la zone concernée. Entré en vigueur en juillet 1998, le projet n’a ceci dit réellement démarré qu’en 2005 avec la plantation des premiers palmiers et la conclusion du partenariat public-privé avec Bidco Ouganda. L’opérateur privé choisi pour mener à bien l‘expérimentation sur un premier site de 6100 Ha. « Notre pays importe énormément d’huile de palme. D’où l’importance de ce projet pour nous, souligne Connie. Et il avance bien. Il n’avait ni route ni électricité, sur place, la seule activité était la pêche. Depuis, il y a eu beaucoup de transformation. Grâce à l’huile de palme, les habitants ont accès à l’énergie solaire, des routes, des écoles et des hôpitaux. L’économie se développe et cela créé de l’emploi. Le tourisme également ! Nous avons aujourd’hui 20 hôtels sur l’île… »

Les petits planteurs intégrés au projet 

Pour le constater, il faut se rendre sur l’île. Située dans le district de Kalangala, au nord-ouest du lac Victoria, Bugala est accessible via un ferry, gracieusement mis à la disposition de la population locale et des Kampalais qui ont pris habitude de se rendre à Kalangala, le temps d’un week-end. Une quarantaine de minutes plus tard, hommes, femmes, enfants, camions et des dizaines de motos se ruent sur le ponton.

A une dizaine de kilomètres de l’embarcadère, la guest house de Bidco Africa. Chichement aménagée pour les visiteurs mais également pour le personnel qui encadre le projet. Lequel est composé de Malaisiens, Chinois, Singapouriens, des pays qui tentaient il y a plusieurs années déjà l’aventure palmière, venus former les employés locaux, ainsi que les petits planteurs. Des agriculteurs locaux intégrés au projet. « Nous sommes pionniers dans le domaine, assure Damanic Saridin, directeur de la plantation Bidco. Sur un terrain de 10500 hectares. Nous avons  une enveloppe de 413 000 dollars par mois pour l’ensemble des fermiers, cela fait 1,5 milliard d’ugandan shillings (328 000 euros, NDLR). Nous payons les fermiers en fonction de deux critères. Le premier tient compte de leur productivité ainsi que de la rentabilité de l’exploitation de la terre pour 60% de terre en capacité de production sur les nouvelles plantations de 2015 car il faut 4 ans pour que la terre soit complètement opérationnelle. Cet argent permet aux agriculteurs de payer leur foncier à l’état ougandais à qui ils avaient acheté le terrain auparavant. Nous achetons aussi les fertilisants des producteurs. »

La plus grande raffinerie d’Afrique à Jinja 

Parfaitement intégré, le programme développé par Bidco intervient sur toutes les chaînes de valeur, de la plantation, jusqu’à la raffinerie de Jinja, « la plus grande d’Afrique » selon ses promoteurs. Entre temps les fruits sont broyés et filtrés dans les deux usines que compte l’île. La production va ensuite, via les propres camions de Bidco, alimentés les marchés du pays. Sous forme d’huile, ou de savon, produits agro-industriel et autres fabrication maison.

Une expertise développée par Bidco, également présent au Kenya, qui lui a valu de décrocher ce PPP. « C’est la première fois que l’on fait de l’huile de palme en Afrique de l’Est, souligne Vimal Shah PDG de Bidco. Avant les paysans n’avaient ni maisons, ni voitures, aujourd’hui ils ont les deux. » Des motos et des maisons à dire vrai, moyen de transport le plus adapté à l’île. En plus d’apporter son savoir-faire, Bidco participe également au développement socio-économique de l’île, réhabilitant et construisant écoles et hôpitaux. Fort de cette première expérimentation, jugée concluante, le VDOP2 a lancé la seconde phase. Avec le même partenaire, Bidco Africa, qui s’est vu confié une seconde île. Plus grande cette fois…


 

Par Dounia Ben Mohamed, en direct de Kalangala, Ouganda 

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