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Congo Brazzaville : Les palmeraies remplacent les puits de pétrole

Créée en 2013, l’entreprise ECO-Oil a relancé l’un des fers de lance de l’économie de la République du Congo : l’exploitation de l’huile de palme. Forte de ses immenses plantations, l’entreprise s’attaque d’abord au marché alimentaire local avec l’idée de diversifier l’activité du pays et d’en faire un géant agricole.

Par Simon Vermot Desroches

Difficile de trouver bonne presse sur l’huile de palme ces dernières années. Elle serait dangereuse pour la santé et son exploitation causerait des ravages écologiques en Asie. Au Congo pourtant, elle est de retour sur le devant de la scène, grâce entre autres, à l’entreprise ECO-Oil, dirigé par Claude Wilfrid Etoka. Proche du président Sassou-Nguesso, il est l’un des hommes les plus riches du continent africain, notamment grâce au business du pétrole. Désormais il joue la carte de la diversification : « Il y a eu une prise de conscience : le pétrole c’est du passé. C’est un problème aujourd’hui, mais c’est aussi une opportunité pour le pays », augure Éric Raulet, directeur du développement et des projets du groupe ECO-Oil. Après avoir réhabilité les plantations et les usines de transformation, laissées vacantes depuis plus de 20 ans, les premiers produits alimentaires (huile, margarine, pâte à tartiner…) sont sortis d’usine en 2016. L’objectif : devenir la seule marque visible du pays et saturer le marché congolais.

Agroalimentaire à la recherche de terre cultivable

Claude Wilfrid Etoka veut transformer son pays en passant de 400 000 à 1 million d’hectares cultivés sur les 10 millions que compte le pays d’ici à 2020. Et il a les moyens de ses ambitions puisque 300 milliards de FCFA (plus de 450 millions d’euros) ont déjà été investis au Congo-Brazzaville par le groupe. « Cela diminuerait la dépendance alimentaire du pays. Il y a une telle demande actuellement, que nous avons besoin d’une telle production », assure Éric Raulet. « Le deal est clair, poursuit-il, nous mettons en place des conventions afin de mettre à disposition des agriculteurs des semences et des plants ainsi qu’une aide à la mécanisation. De notre côté, nous rachetons toute leur production et nous serons extrêmement vigilants sur les prix de rachat afin que ces agriculteurs puissent vivre de leur travail. » Pour le moment, seules les variétés qu’ECO-Oil peut transformer sont concernées. À savoir le cacao, l’arachide, les fruits, et bien sûr les fruits des palmiers à huile.

Des promesses d’emplois malgré un déficit de formations

Actuellement, l’entreprise emploie 1400 personnes et annonce à terme la création « de dizaine de milliers d’emplois ». Pourtant, difficile de trouver une main-d’œuvre qualifiée. Lorsque la filière huile de palme a été abandonnée, le savoir-faire a été perdu. « Aujourd’hui, nous sommes obligés de travailler avec des retraités par exemple. Ils étaient là à la grande époque de l’huile de palme et connaissent leur travail. Il y a un manque de formation, et d’attrait de ces formations. Nous ne trouvons pas assez d’ingénieurs-agronomes, de techniciens… », regrette Éric Raulet. Un secteur d’avenir pour la jeunesse congolaise pourtant. L’avenir, la société y pense également avec en ligne de mire l’international, consciente des possibilités qu’offre notamment l’huile de palme. En accentuant sur le côté écologique (plantation en zone de savane, cultures associées, aucune déforestation…) de son huile ECO-Oil espère pouvoir vendre une part des plus de 60 millions de tonnes utilisées chaque année dans le monde.

Des biocarburants à l’alimentation en passant par la production de plastique ou de cosmétique, le groupe espère donc devenir un acteur majeur de la production internationale.


 

Par Simon Vermot Desroches

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