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Kigali Une zone économique spéciale dédiée au made in Rwanda

Pays de service, le Rwanda mise sur l’industrie et les technologies pour atteindre l’émergence selon le plan articulé autour de sa vision Rwanda 2050. Première pierre à l’édifice, la Zone économique spéciale de Kigali (Kzes) attire d’ores et déjà les industriels du monde entier et se veut la plateforme d’exportation du savoir-faire made in Rwanda. En attendant que Kigali innovation city, phase II de la KZES, positionne le pays comme hub technologique…

Reportage à Kigali, par Dounia Ben Mohamed

À une vingtaine de minutes du centre administrative de la capitale rwandaise, Kigali Economic special Zone (KESZ). A l’entrée deux agents contrôlent véhicules et passagers. Comme dans le reste de la ville, la sécurité est omniprésente dans cette zone économique. L’une des 9 que compte le pays, KESZ créée en 2010 s’est développée en deux phases. La première, achevée et qui tourne à pleins gaz, accueille d’ores et déjà 72 entreprises. Axée sur l’activité industrielle, elle illustre la stratégie de diversification de l’économie et de création de valeur ajoutée locale menée par les autorités rwandaises, telle que déclinée dans la Vision Rwanda 2050, version adaptée aux nouvelles ambitions rwandaises de la Vision Rwanda 2020. « La contribution de l’industrie dans le PIB est de 16% alors que l’agriculture compte pour 30% et les services 47%. Notre objectif est de transformer notre économie. Et pour pouvoir accélérer le développement industriel nous devons mettre l’accent sur l’innovation et les nouvelles technologiques, explique Vincent Munyeshyaka, ministre du commerce et de l’industrie du Rwanda. Nous avons une stratégie très solide pour aller dans ce sens. Elle inclut les Zones économiques et spéciales. A ce jour, nous avons identifié 9 sites. Le premier est à Kigali, les 8 autres dans les villes dites secondaires. Ce que nous faisons pour le moment c’est de développer les infrastructures pour mettre ces sites au niveau d’attirer les investisseurs, nationaux comme internationaux. »

Des vêtements 100% made in Rwanda 25% moins chers que le made in China

Et selon la vision rwandaise, les investisseurs ciblés sont ceux qui apportent « la technologie, la valeur ajoutée et affiche un haut potentiel en terme de création d’emploi » toujours selon le ministre. « Nous avons déjà des industries qui exportent 80% de leur production, ajoute-t-il. Et c’est précisément le type d’investissement que l’on recherche. L’année dernière, les industries dans le textile ont non seulement créé beaucoup d’emploi mais ont exporté 80% de leur exportation. En Amérique, en Europe… » C’est entre autres l’œuvre de C&H. Société chinoise implantée dans la KZES, elle fabrique des vêtements 100% made in Rwanda. « Cela fait 20 ans que nous sommes sur le continent. Nous avons commencé au Kenya avant d’arriver en 2014 au Rwanda, souligne Candy Ma, PDG de la filiale rwandaise de C&H Garment Company. Nous sommes implantés dans la zone économique de Kigali car les avantages fiscaux sont nombreux. Nous avons une exonération de taxes à l’import et à l’export.  Les charges sont également quasi inexistantes. Le Rwanda est un pays ouvert au business. Nous avons pu échanger sans problème avec l’entourage de Paul Kagamé et lui-même. » Un accompagnement qui aura facilité l’implantation et le développement de la filiale qui compte à ce jour 1000 employés et travaille à la construction de sa seconde usine, sur le site de la KZES toujours. « Nous n’avons pas connu de difficultés à trouver nos premiers employés. On a commencé avec 200 jeunes et nous espérons monter jusqu’à 10 000 employés dans les années qui viennent. Déjà, grâce à nos 1 000 employés très compétents, nous produisons près de 6 000 pièces. » Une production destinée à envahir les marchés internationaux avec des vêtements conçus au Rwanda… et compétitifs. Y compris face à la concurrence chinoise ou turque, les champions du textile à ce jour. « Grâce au coût de la main d’œuvre locale, nos produits sont 25% moins chers. Donc oui, nous sommes compétitifs ». Déjà, les t-shirt, vestes, survêtements ou autres articles qui sortent de l’usine partent pour les centres commerciaux européens et américains. Avec l’étiquette « C&H Rwanda ».

« KIC va créer un écosystème dans lequel vont se côtoyer des universités, des industries, des startup qui opèrent dans le secteur des Ntic »

De quoi conforter les ambitions rwandaises. Qui ne se limitent pas au textile. Sur la zone également, Saharsa, société indienne qui fabriquent des LED ; V-Plus de l’emballage en carton ou encore PharmaLab, une entreprise produisant des tubes et récipients en plastique médicaux. Tandis que sur les hauteurs de la zone, d’autres chantiers sont en cours. Dans celui d’un campus universitaire, un partenariat avec la très renommée université américaine Carnegie Mellon. Une université, d’un coût de 10 millions de dollars avec une capacité d’accueil de 500 élèves,  qui doit accueillir ses premiers étudiants cet été, et se veut être la vitrine de la future Kigali Innovation City (KIC). Phase II de la KZES, cette « smart city » a vocation à servir de catalyseur à toutes les initiatives, publiques comme privées, autour des Ntic dans le pays. « KIC est la Silicon Valley rwandaise, implantée au sein même de Kigali, indique Viateur Kabiligi, coordinateur du projet de KIC au sein du Rwanda Development Board. Cette cité numérique se veut être un mixte entre des universités et des centres de formation. Cisco par exemple va installer un centre de formation d’ingénieurs en Ntic ; des industries technologiques, à l’image de Tech Pharma ; des start up innovantes. Le Rwanda se positionne comme un hub numérique. KIC doit élever le niveau du pays dans le domaine des Tics. » Avec notamment la mise en place d’un incubateur, KIC doit permettre aux acteurs locaux de la Tech, de se frotter au savoir-faire des leaders internationaux et monter ainsi en gamme. C’est dans ce sens que le fond Rwanda Innovation Fund, doté de 100 millions de dollars (88 millions d’euros), a été mis en place, pour soutenir les start up locales.

Phase II de KZES : 250 millions d’euros

Le Rwanda voit grand et se donne les moyens de ses ambitions. Ainsi, étendue sur 178 hectares de terrain, avec 67 parcelles, la phase de KZES, dédiée aux technologies, a bénéficié de plus de 250 millions d’euros d’investissement pour l’aménagement du site, avec routes, électricité, eaux, fibres optiques et autres. Si le projet ne sera pas achevé avant plusieurs années, les premières parcelles ont déjà été vendues. « Ainsi, dans quelques années, ambitionne le ministre Vincent Munyeshyaka, le Rwanda deviendra une terre d’exportation du savoir high tech ! ».


 

Reportage à Kigali, par Dounia Ben Mohamed

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