• Crépin SONDOU Le jeune Togolais patron des traders du Bitcoin en Afrique francophone

Crépin SONDOU Le jeune Togolais patron des traders du Bitcoin en Afrique francophone

En 2009, un nouveau moyen de paiement naît sur l’initiative d’un innovateur connu sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto : le Bitcoin. L’Afrique bénéficie aussi de cette cryptomonnaie, qui offre un anonymat total et une assurance de gestion de portefeuille à son détenteur. Un jeune Togolais a tenté l’aventure et se fait une place de privilège en Afrique francophone.

 

Par Mawu Kouevi Folli-gay, à Lomé

« Je devais acheter un logiciel et la monnaie de paiement était le Bitcoin. Je ne connaissais encore rien à cela » se remémore encore Crépin Sondou, jeune trader togolais aujourd’hui surnommé ‘’ patron du Bitcoin’’ en Afrique Francophone. Perdu dans ses recherches, il finit par abandonner. Nous sommes en 2015 et il est âgé de dix-huit ans tout juste. Depuis, il s’est fixé comme objectif de connaître tous les aspects du fonctionnement de ce monde de la monnaie virtuelle en s’appuyant sur son flair aigu et son sens de l’entrepreneuriat qui constitue son gouvernail dans la vie. Une année plus tard, en 2016, Crépin rebondit sur la cryptomonnaie : « Je suis entré sur une plateforme et je proposais des services. C’était compliqué d’entrer en possession de mon dû ».

Seul fournisseur légal de la cryptomonnaie en  zone francophone

Avec ses gains en tant que rédacteur sur des plateformes, Crépin Sondou fait ses premiers pas dans un secteur peu connu dans son pays. Il se projette et visualise l’avenir du Bitcoin. Peu de temps après, il devient l’un des meilleurs traders de Bitcoin dans le monde. En Afrique, il bat des records. Le jeune étudiant inscrit en faculté de Droit à l’Université de Kara, dans le nord du Togo à plus de 400 kilomètres de Lomé, est aujourd’hui le seul fournisseur légal de la cryptomonnaie sur le ‘’www.localbitcoins.com’’en zone francophone.  « Ma position fait qu’aujourd’hui je suis très sollicité. Je reçois des coups de fil des pays voisins pour des échanges dans ce sens », affirme Crépin, sourire aux lèvres. Son entreprise le fait vivre. En moyenne, Crépin réalise un bénéfice mensuel de 200 000 francs CFA (305 euros). Cette situation financière lui permet de vivre décemment. Pour confirmer sa position dans l’auto emploi, il s’inspire du richissime Nigérian Aliko Dangoté. « On ne peut pas devenir très riche en étant salarié ».

Autopromotion comme outil pour réussir

Pour réussir dans ce secteur, il faut avoir du flair, mais aussi un esprit d’autopromotion et le jeune trader invite tous les jeunes togolais en particulier et africains en général à cultiver ces vertus afin d’oser. « Je croise des amis étudiants qui connaissent tellement de choses, mais ne savent pas les rentabiliser parce qu’ils ont peur d’oser », confie Crépin. À l’avenir il aimerait créer une plate-forme sur laquelle seront mises en valeur les prestations de la jeunesse afin de valoriser leur savoir-faire. Face au devenir de la cryptomonnaie, le Bitcoin, en Afrique, Crépin Sondou est très optimiste « Il y a quelques années, le monde entier n’a pas cru à son niveau de rayonnement actuel. Mais avec les avantages qu’offre le Bitcoin, les Africains finiront par s’y intéresser ». Selon les spécialistes, le Bitcoin assurerait un avantage inouï compte tenu de sa décentralisation totale. Facile à sauvegarder sur les supports électroniques il n’est frappé d’aucune régulation. Caractère que le fisc voit d’un mauvais œil. L’Afrique francophone a pris la décision de faire partie des places de choix de cette monnaie virtuelle à travers Crépin Sondou. À ces heures creuses à l’université, l’idole d’Aliko Dangoté, conseille ses amis étudiants qui sont de plus en plus motivés par cette aventure dans le monde de la monnaie virtuelle. « L’Afrique est en train de rattraper son retard dans beaucoup de secteurs y compris celui de l’internet et je suis sûr que cela va profiter à sa jeunesse qui est l’une des plus dynamiques au monde » laisse entendre le patron des traders du Bitcoin en Afrique francophone avec le ton optimiste d’un panafricaniste.


 

 

Par Mawu Kouevi Folli-gay, à Lomé

Vous pourriez aussi aimer

Parcours

Dr. Safo L’inventeur ghanéen qui veut concurrencer les grandes marques occidentales

Imaginez un téléviseur ou un climatiseur qui s’allume ou s’éteint après un simple claquement de doigts ; une gamme d’automobiles «made-in-Ghana» fonctionnant à l’énergie électrique ou solaire ou encore un hélicoptère

Parcours

Sénégal : Jigeen Tech – les reines des TIC

Lancé en 2012, le mouvement Jigeen Tech Hub n’en finit plus de faire parler de lui. Ce collectif de femmes veut participer à l’émancipation d’autres femmes et de jeunes filles

Parcours

Portrait Lamine Bakayoko, le café pour avenir

Comme nombre de jeunes ivoiriens ou africains,  l’émigration, pas toujours légale, a longtemps traversé l’esprit de Bakayoko Mohamed Lamine qui a finalement opté pour l’entreprenariat en lançant une start-up industrielle