• Cécile Barry « Ladies, Osez l’entreprenariat »

Cécile Barry « Ladies, Osez l’entreprenariat »

Présidente du groupe Ajice ; de l’association Action’elles et de Worldmas International, Cécile Barry est une serial entrepreneuse. Un savoir-faire qu’elle met au service des autres en tant que business coacheuse. Concrètement, cette wonderwoman qui cumule les casquettes, et les origines, accompagne les entreprises dans leur développement. Plus que tout, elle invite les femmes, et tout particulièrement celle du continent et des diasporas africaines, à « osez l’entreprenariat ». Portrait.

Par Dounia Ben Mohamed.

 

« Les femmes demandent en moyenne 4000 € de crédit. Qu’est ce que vous voulez faire avec cela ? Il faut avoir de l’ambition dès le départ… et une vision ! » A peine 5 minutes sur l’estrade est le ton est donné. Cécile Barry, entourée d’une lignée de femmes fortes, indépendances et courageuses, respectera la tradition familiale. Née à Conakry, elle débarque à Paris à 7 ans, où elle suivra des études « sans plus ». Car très tôt elle a une certitude : elle ne passera pas sa vie derrière un bureau. Et elle veut voyager ! Rien de surprenant quand on plonge ses racines dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest et qu’on grandit entre Conakry, Paris et Bruxelles.

Le Bac en poche, elle se lance dans la vie active

«  Un jour, je me souviens, on était devant la télé et c’était le grand renouveau des publicités pour les dessous pour hommes, et je dis à mon père : je veux être PDG pour les caleçons pour homme. » Celui-ci avec son flegme habituel, « c’est bien ma fille mais c’est un peu limité… » Et pourtant quelques années plus tard, aussitôt son bac en poche, la jeune femme se lance dans la vie active… avec impatience. « J’ai tout de suite travaillé. Dans une banque d’abord, en tant qu’assistante. J’adorais le tourisme et l’hôtellerie, je rêvais de diriger un hôtel, alors j’ai repris des cours d’hôtellerie tout en travaillant. Mais j’ai eu ma première fille très tôt, à 23 ans, alors en tant que mère isolée, l’hôtellerie ça ne payait pas assez. Je suis retournée à la banque, au Crédit Agricole où j’ai rencontré mon mari, puis j’ai eu mon deuxième enfant, une fille également. » Elle va ensuite intégrer un réseau, ERA immobilier, une franchise américaine qui vient de s’implanter en France, et où elle va avoir l’opportunité de développer sa polyvalence.

« Ce que tu sais faire c’est accompagner les entrepreneurs de A à Z. »

« Quand j’arrive, ils ont 13 agences, à mon départ, ils en avaient 300. Ca a été une de mes meilleures écoles. J’ai évolué à tous les départements. Assistante, formation, évènementiel…

Parallèlement j’ai repris en cours du soir et le week-end des études au CNAM (Conservatoire Nationale des Arts et Métiers) afin en deux ans d’obtenir une maitrise en marketing-vente.

Mon dernier poste occupé chez ERA fut celui de Directrice de communication et coordinatrice du réseau. J’étais en charge des évènements de la société et lors de l’organisation d’un événement pour 600 personnes à Tunis pour le congrès annuel du groupe je me suis dit : “Je dois monter ma boîte, sinon après il sera trop tard et j’ai déjà 37 ans.” » En toute logique, elle part de chez ERA et souhaite monter une agence évènementielle. « Mais quand j’arrive sur le marché, en 2001, on est juste après les attentats du 11 septembre, ce n’était pas le bon moment… » Ceci étant, Cécile voyage. Les Etats-Unis, l’Europe, l’Asie… A son retour, elle créé en 2003 une agence de communication, Worldmas International : « Mon premier client était dans la mode et je me suis aperçue que de leur fournir que la communication c’était vraiment trop restreint car ils avaient des besoins en communication bien sur mais aussi au niveau de la production et du commercial et je me suis dis autant tout leur proposer afin qu’ils aient qu’une seule agence qui puissent les aider. « J’ai eu ainsi à gérer une trentaine de créateurs, j’ai adoré et c’était assez novateur à l’époque de tout combiner. Mais 2006-2007, la crise pointait son nez, 6000 boutiques de mode multimarques fermaient tous les ans en France et cela rendaient très difficile la partie commerciale. Pour contrer tout cela j’ai repositionné ma structure et je suis sortie du milieu de la mode pour devenir une agence de conseil et de business development opérant en Europe et en Afrique ». Elle fera alors la liaison entre les continents, ce qu’elle ne cessera de faire par la suite.  Entre temps, en 2004, elle entre chez Action’Elles, un réseau de femmes entrepreneurs. En 2008, elle en prend la vice-présidente puis la présidente, qu’elle conserve encore aujourd’hui. C’est là que se fait le déclic : « Ce que tu sais faire c’est accompagner les entrepreneurs d’A à Z. » Elle passe la certification de coaching, et se spécialise dans le business coaching ». En d’autres termes, elle accompagne les chefs d’entreprise et les managers dans la pérennisation de leur structure en ciblant et corrigeant leurs lacunes. « Il y a souvent des problèmes de gestion, de management, au départ. » En 2014, la communication la rattrape encore une fois et elle crée avec une associée, le Groupe Ajicé, agence de développement de notoriété. Cette agence en plus d’offrir tous les services de communication (relations presse, graphisme, créations de sites internet…) a son propre club de personnalités issues du monde du show-biz, de l’économie et la politique qu’elle met à disposition des marques pour accroître leur notoriété.

« Les femmes hésitent beaucoup plus que les hommes, se posent beaucoup plus de questions. Alors qu’une fois lancée, au contraire, elles sont très fortes !»

Serial entrepreneuse, Cécile multiplie les formations et les interventions pour parler… entreprenariat. Et quand elle s’adresse à la gente féminine, elle est sans concession : « Les femmes hésitent beaucoup plus que les hommes, se posent beaucoup plus de questions : est-ce que je vais y arriver ; est-ce je vais pouvoir concilier vie professionnelle et familiale… Alors qu’une fois lancée, au contraire, elles sont très fortes. La nouvelle génération, les filles de la génération Y, osent davantage, parce qu’elles savent qu’elles n’auront pas un emploi à vie comme leurs aînées donc elles n’hésitent plus à tenter l’aventure start-up, à emprunter, à s’entourer… » Et à s’épanouir dans l’entreprenariat.


 

Par Dounia Ben Mohamed.

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