• Interview «  Je suis passionné par mon pays… et le business  ! »
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Interview « Je suis passionné par mon pays… et le business ! »

Les services, l’immobilier, les médias et aujourd’hui l’agriculture, Kiprono Kittony, PDG de Radio Africa Group et Capital Realtime, est un homme d’affaire accompli et avisé. De son expérience, il tente de faire bénéficier son pays, notamment en tant que Président de la Chambre de commerce et d’industrie du Kenya ( KNCCI). Plus qu’un exemple, il se veut être un moteur pour les jeunes entrepreneurs kenyans. C’est notre interview business du mois.

 Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed, vidéo réalisée par Myriam Sellam, à Nairobi

Dans une interview que vous m’aviez accordée l’an dernier, vous assuriez que le Kenya était le hub de l’Afrique de l’Est. Cette année, le Kenya a connu quelques difficultés. La croissance a ralenti en raison des tensions notamment liées aux dernières élections. La question qui se pose alors : est-ce que le Kenya est toujours le hub ?

Il n’y a aucun doute à avoir sur ce sujet. Le Kenya est toujours le hub ! Nous enregistrons une croissance de 5.6% de croissance. Nous devions atteindre les 7% mais sa progression a été ralentie en raison des   récents événements liés aux élections qui ont été plus longue que prévues. Ensuite, le Kenya reste le hub pour plusieurs raisons. Premièrement, nous avons les plus grandes zones industrielles de la région. Nous avons des ressources humaines compétentes. Enfin, nous restons un lieu privilégié pour l’investissement, réputés entre autre pour la qualité de nos services dans la finance.

Ceci dit, la dernière élection et les tensions qui s’en sont suivies, n’ont pas été sans impact sur l’économie. Vous considériez cette élection comme un test pour la démocratie kenyane. Considérez-vous que la démocratie kenyane est sortie renforcée de cet épisode électoral ?

C’était en effet un test. Nous avions un challenge à relever. Et nous l’avons relevé. Le Kenya s’affiche désormais comme l’un des pays les plus démocratiques du continent. Il se démarque ainsi des autres pays africains. Parce que nous avons une opposition qui peut contester vigoureusement le gouvernement, la population peut exprimer librement son mécontentement vis-à-vis du gouvernement nous avons une réelle séparation des pouvoirs, nous avons des institutions fortes et indépendantes. Maintenant, nous devons avoir également une opposition constructive pour les cinq prochaines années. Surtout, nous devons réunifier le peuple qui a été divisé et assurer leur besoin en matière de soin de santé, de sécurité alimentaire. Il est là désormais le défi.

Vous êtes un « self made man ». Un exemple réussi d’entrepreneur. Comment expliquer votre réussite ? 

Je me défini comme un business man. Je suis un vrai passionné du business, du business leadership et un passionné de mon pays. C’est ce qui a conduit toute ma carrière. Et une certaine expérience. Après mes études, j’ai travaillé deux ans pour deux compagnies au Royaume- Uni.  je suis rentré en 1991 et j’ai démarré mon business en 1992. J’ai développé plusieurs affaires, certaines ont réussi d’autres ont échoue. Surtout, tout en menant ses activités j’ai continué à me former, j’ai obtenu un NBA. Et aujourd’hui, je suis à la tête d’un groupe qui compte près de 1000 employés, impliqué dans le domaine des médias, de l’agriculture et de la distribution. Mon business et stable et je dirais que nous arrivons à maturité.

Vous avez développé en effet une nouvelle passion, pour l’agriculture ?

J’ai en effet démarré une activité de plantation de café en 2012. Malgré le potentiel du secteur agricole au Kenya, nous n’avons pas encore relevé pleinement le défi de l’autosuffisance alimentaire. La sécurité alimentaire est la priorité du gouvernement. Mais c’est également notre responsabilité à tous. Il faut s’appuyer sur l’utilisation des nouvelles technologies, de nouvelles méthodes d’irrigation.  Actuellement, le Kenya est le deuxième plus grand exportateur au monde de thé et de café mais nous devons prêter une plus grande attention aux besoins de notre marché intérieur. On doit s’inspirer de l’Argentine qui a quasiment le même nombre d’habitants que le Kenya ou encore d’Israël qui eux ont atteint l’autosuffisance. Je le fais parce que j’y crois. J’aime contribuer à faire en sorte que les gens aillent mieux. J’ai grandi dans une famille de fermier. C’est ancré en moi. Maintenant, il est vrai que ça répond à un besoin pour le pays.

Quels sont vos prochains projets ?

Le Kenya a défini ses priorités pour les cinq prochaines années, dans le cadre de la vision 2030. L’objectif est d’assurer la sécurité alimentaire et l’accès aux soins pour la population. Nous devons tous y travailler. Je voudrais contribuer à développer une agriculture plus irriguée  et au delà, consolider mon business dans les médias et les télécommunication en développant un meilleur accès à mes plateformes.

Et vous développer sur le continent, vous y pensez ? Puisque vous avez atteint une certaine maturité localement… Pensez-vous par exemple à investir dans d’autres pays notamment francophones ?

Effectivement, je compte le faire. Je voudrais créer des ponts entre la partie francophone et lusophone. Ces barrières linguistiques sont un héritage colonial. Nous devons aujourd’hui mettre en place des plateformes pour de connexions directes entre les pays du continent. Le président Kenyatta est très tourné vers cela et je soutiens sa vision.

Un dernier mot, sur le développement de l’Afrique. Le continent connaît une forte croissance, mais de nombreux défis restent à relever…

En 2050, l’Afrique aura une population plus grande que la Chine et l’Inde réunies.  La population la plus jeune par ailleurs.  Les infrastructures se développement. Sur le continent, nous avons 6 des plus fortes croissances économiques du monde. Maintenant, nous avons un défi : 20% des entreprises du continent arrivent à se lancer si on compte l’Afrique de l’Est et l’Afrique de l’Ouest, contre 60% pour les autres continents. Nous avons encore de la marge. Et le potentiel est là, réel.

En attendant, nous devons vous féliciter car votre café, 100% kenyan, a reçu récemment un prix international. Vous en êtes particulièrement fier…

Oui, j’en suis en effet très fier car il est particulier. Ce n’est pas un café dilué ou modifié.  C’est le meilleur café kenyan avec le meilleur prix du marché. Nous produisons également du thé et du miel et nous avons un certain succès en Ouganda. Nous devons créer et valoriser des produits kenyans.


 

 Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed, vidéo réalisée par Myriam Sellam, à Nairobi

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