• Burkina « Une Start up se caractérise par sa singularité »

Burkina « Une Start up se caractérise par sa singularité »

Le programme Burkina Start up est une initiative du gouvernement burkinabè lancé en 2017. Celui-ci vise à financer des projets originaux de jeunes pour la création de 100 PME innovantes et viables par an pendant 5 ans. A la veille de la seconde édition prévue ce mois-ci , nous avons rencontré le directeur général du Fonds burkinabé de développement économique et social (FBDES), Blaise Parfait Kiemdé.

 Propos receuillis Ibrahima SANOU

 

Présentez-nous le programme Burkina Start up lancé en juillet 2017 par le Premier ministre Paul Kaba Thiéba. Quel est le concept et ses finalités ?

Le programme « Burkina Start up » est une initiative du gouvernement qui au regard de la problématique du chômage des jeunes tente de trouver des solutions idoines en terme d’accompagnement à la création d’entreprises pérennes qui puissent contribuer au développement économique et social du pays. L’innovation de ce programme, c’est que les porteurs de projets ont postulé sur une plateforme en ligne. C’est un programme qui va durer cinq ans durant lesquels l’Etat met chaque année deux milliards de Franc CFA pour son financement. L’année passée, le financement a tourné autour de 300 millions de Franc CFA. On va reconduire cette année le reliquat de l’année 2017 qui est de 1 milliard 600 millions. Il y aura donc plus d’offres cette année à savoir près de 3 milliards 600 millions pour financer les jeunes innovants.

Au terme de la phase de sélection et de validation, 12 projets ont été retenus. Selon quels critères ?

Pour la sélection des starts up, il y a toute une organisation qui a été mise en place par notre Fonds. Nous avons installé un comité de présélections composé des membres du Fonds mais aussi d’entités, à savoir des incubateurs, des personnes ressources pour leurs connaissances du domaine des starts up. Ce comité pluridisciplinaire a vérifié la viabilité des projets puis il a retenu 23 dossiers sur les 421 candidatures déposées. A la suite, les porteurs des 23 projets ont soutenu devant un jury qui était composé du Réseau national de lutte anticorruption (REN-LAC), des ministères en charge de l’Ethique, des finances, de la jeunesse, du commerce, de la représentante de la présidence du Faso, du Bureau de restructuration des entreprises en difficultés, du Centre de gestion agrée et d’un certain nombre d’incubateurs d’entreprises. Chaque projet a été noté par le jury qui a retenu 12 des 100 dossiers tenant compte de leur pertinence et de leur originalité. Une start up se particularise par sa singularité. C’est-à-dire que c’est une idée innovante dans un secteur donné car on peut avoir des starts up dans tous les secteurs d’activités.

Dans quels domaines sont axés les 12 projets ?

Les 12 projets portent sur les domaines des Technologies de l’information et de la communication (TIC), de l’énergie, de l’agro-alimentaire. Il y a par exemple le projet Agri Minga qui est une nouvelle technologie agricole. Celle-ci devrait permettre d’améliorer la production. Avec les terres qui sont

arides par endroit, grâce à ce projet, on pourra cultiver dans l’eau en nourrissant directement la plante par des nutriments. Le rendement, avec ce procédé pourra être autant impactant sinon 10 fois plus que par la culture au sol. Le porteur de projet est pratiquement l’un des seuls à vouloir l’implémenter. Un autre projet, c’est Faso Drone. Il s’agit de jeunes burkinabè qui ont fait des études aéronautiques et qui veulent fabriquer des drones ici au Burkina Faso en y incorporant des technologies nouvelles pour permettre d’améliorer les cultures agricoles. Ces drones pourront survoler les champs de ceux qui les possèdent en prenant des photos afin de permettre à ces derniers de voir s’il y a des menaces, des poches de sècheresse quelque part. En gros, l’ensemble des 12 projets retenus sont des solutions pour aider le pays avec l’aspect innovation.

Comment se passent les modalités de remboursement ?

On ne donne pas de l’argent aux porteurs de projets, on les accompagne jusqu’à la création et la formalisation de leur entreprise. Quand vous prenez les 12 qui ont été retenus, ils ont suivi des formations dans plusieurs domaines allant de la gestion de l’entreprise, le développement personnel, la comptabilité, la connaissance d’un logiciel comptable, le leadership, afin de faire d’eux des entrepreneurs et des leaders. Dans ce programme, le Fonds est associé dans chacune des entreprises pour un certain nombre d’années. Nous avons des parts de 10% dans chaque société mais c’est temporaire. L’objectif n’est pas de faire des affaires avec eux mais c’est d’avoir un œil sur ce qu’ils font parce qu’il ne faut pas prendre de l’argent pour le redonner à des gens et vous ne savez pas ce qu’ils font. Aujourd’hui, s’ils doivent faire des acquisitions, le Fonds doit être mis au courant, on échange, on donne notre accord en tant qu’associé.

Comment se passent les modalités de remboursement ?

Le taux de remboursement tourne autour de 5% c’est très en deçà de ce qui est proposé sur les marchés. On a la possibilité d’adapter le financement au vécu de l’entreprise. Chacun a un tableau d’amortissement pour pouvoir payer en trois, quatre, cinq ans.

Quelles sont les innovations pour la seconde édition ?

Au lieu d’une session comme en 2017, il y aura deux sessions en 2018, la première en février et la seconde en juillet. Au lieu que la plateforme soit ouverte pour 15 jours, elle sera ouverte pour un mois afin de donner plus de temps aux jeunes starts up de se préparer afin de postuler. Nous allons organiser une série d’activités de communication pour susciter l’engouement.

Quelles sont vos attentes d’ici la fin du programme de 5 ans (2017-2021) ?

Notre souhait, c’est qu’au bout des 5 ans, nous puissions avoir 500 starts up, entreprises innovantes à accompagner et près de 10 000 emplois crées. Notre vision sur la question de l’emploi de la jeunesse, n’est pas d’apporter des ressources financières à tous les jeunes pour faire des entreprises, c’est utopique. Nous voulons plutôt accompagner ceux qui ont la capacité de créer des entreprises à le faire et ces derniers vont créer de l’emploi pour les autres. Dans une entreprise, vous avez au minimum, deux, trois, quatre, cinq personnes. Aussi, à travers 100 entreprises crées, vous pouvez créer des milliers d’emplois.


 Propos receuillis Ibrahima SANOU

 

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