• Niger Le pays séduit les investisseurs à Paris
  • Niger Le pays séduit les investisseurs à Paris

Niger Le pays séduit les investisseurs à Paris

Mahamadou Issoufou, le chef d’Etat nigérien était la semaine passée à Paris pour une visite de travail et d’amitié. Durant la conférence «Renaissance du Niger » qui a rassemblé près de 200 invités, Niamey avait un objectif clair : attirer les investisseurs privés et publics internationaux en vue de financer son plan national de développement. Mission accomplie ?

 Par Rudy Casbi

La conférence « Renaissance du Niger » a permis à Niamey de récolter 23 milliards d’euros de promesses d’investissements dont la moitié provenant de bailleurs de fonds internationaux. « Lors de l’ouverture, j’avais expliqué que l’objectif minimum était de 17 milliards d’euros. Aujourd’hui, nous l’avons largement dépassé. Cela prouve l’intérêt manifeste des investisseurs privés et publics internationaux à l’égard du Niger », a commenté Kané Aichatou Boulama, la ministre en charge du Plan « développement économique et social ». Placés sous le haut patronage de Mahamadou Issoufou, ces deux journées de conférence ont été l’occasion pour Niamey de rappeler ses priorités. «Depuis 2011, nous avons instauré l’initiative ‘ les Nigériens nourrissent les Nigériens ‘. Nous devons la renforcer en mobilisant les énergies renouvelables et en transformant notre économie. Nous avons aussi concentré nos efforts sur le développement du capital humain en augmentant de 25 à 40%  le budget de la formation professionnelle depuis 2015 », a-t-elle expliqué. Par la mise en place de formations qualifiantes, le gouvernement du Niger espère encourager  l’inclusion des jeunes dans le marché de l’emploi.

L’éducation, l’agriculture et la défense…priorités absolues

L’autre grande priorité du Niger est le renforcement de ses capacités sécuritaires et son financement. Selon le gouvernement nigérien, les dépenses sécuritaires correspondraient à 15 % du budget de l’Etat. Membre du G5 Sahel, Niamey fait face également à l’afflux migratoire provenant du nord du Nigeria où sévit encore Boko Haram. Plusieurs camps ont été construits au Niger accueillant jusqu’à 300 000 réfugiés selon la banque mondiale. Face à ce constat, Niamey a débloqué en urgence près de 40 millions d’euros l’an dernier afin de répondre à leur besoin. Au-delà des enjeux sécuritaires régionaux, le Niger est aussi un partenaire stratégique pour l’Union européenne dans la lutte contre l’immigration illégale. 90% de ceux qui ont transité par la Libye ont d’abord traversé le Niger, selon les autorités locales. Face à cette réalité, les Etats européens ont décidé d’amplifier leur soutien à Niamey. Le Danemark et l’Italie devraient investir respectivement à hauteur de 65 et 100 millions d’euros. La France  a promis d’apporter 400 millions d’euros dont 90%  par l’Agence française de développement. 

Le Niger montre sa bonne foi

Si Niamey se félicite des promesses d’investissements, rien n’indique en revanche que celles-ci seront entièrement respectées. L’an dernier, la République Centrafricaine avait participé à un tour de table dont elle en a attend – encore aujourd’hui – des résultats nettement plus probants que ceux affichés actuellement. A Bruxelles, les bailleurs internationaux avaient prévu en décembre 2016 de contribuer à hauteur de 2 milliards d’euros pour la relance de l’économie centrafricaine dont le développement avait été freiné par les tensions internes au pays. Et pour l’instant, on est encore loin du compte. «Les décaissements sur l’année 2017 ont été évalués à 210 millions d’euros », avait réagit  Faustin-Arachange Touadera, le chef d’Etat de la République Centrafricaine, lors d’une interview accordée à une radio nationale. Mais à la différence de Bangui, Niamey a réussi à présenter quelques gages de bonnes intentions auprès des bailleurs de fonds internationaux. Le projet de Loi de Finances 2018 adopté par le parlement nigérien en novembre dernier prévoit une hausse de la fiscalité et du prix de l’électricité.


 

 Par Rudy Casbi

Vous pourriez aussi aimer

Actualité

Le Maroc veut réduire sa dépendance au soja importé

Lesieur Cristal a annoncé, le 19 mai 2015, qu’il allait lancer une nouvelle huile de table. Elle offrira à terme un débouché immédiat à la production locale de colza et

Actualité

Banque mondiale, dividende démographique et développement en Afrique

Lors d’un symposium de haut niveau sur le dividende démographique et le développement en Afrique, Louise Cord, directeur des opérations de la Banque mondiale pour le Sénégal, la Mauritanie, le

Actualité

Golfe de Guinée La France apporte son expertise dans la lutte criminalité portuaire

Abidjan accueille de ce lundi 25 au jeudi 28 septembre, un séminaire axé sur « la lutte contre la criminalité portuaire » dans le Golfe de Guinée, animé par des