• SME & Banking Africa Forum « Célébrons les champions africains ! »
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SME & Banking Africa Forum « Célébrons les champions africains ! »

Kigali accueillait du 13 au 15 novembre la quatrième édition de SME & Banking Africa Forum. Une plateforme qui offre aux PME du continent un accès privilégié aux acteurs publics, financiers, et aux expertises. Et cette année, le focus était mis sur le Rwanda, un modèle en matière d’accompagnement des PME.

Par Dounia BenMohamed, à Kigali.

Après Dakar pour sa première édition, Nairobi pour la suivante, Abidjan l’année dernière, c’est Kigali, capitale rwandaise qui accueillait les 13, 14 et 15 novembre la quatrième édition du SME & Banking Africa Forum. Une manifestation portée par le cabinet de recrutement AfricSeach en partenariat avec la SFI/IFC et ESPartners entres autres… Et dès l’ouverture, au Rwanda Kigali Convention Center, l’évènement aura répondu à toutes ses promesses. Ministres et responsables publics, représentants de banques, de fonds d’investissements, business Angel, consultants… L’ensemble des acteurs en mesure d’accompagner, structurer, développer les PME étaient réunis. A travers des tables rondes, des master class, mais surtout des RDV B to B, près de 500 entrepreneurs, originaires des quatre coins de l’Afrique, ont eu l’opportunité, privilégiée, de consolider, voir de donner un nouveau souffle, à leur société. Et également de bénéficier des bonnes pratiques de ceux et celles qui ont réussi. Des succès stories qui vont se succéder au cours de ces trois journées.

« On dit souvent que les banques n’ouvrent pas leur porte aux entrepreneurs, mais nous avons aussi nos responsabilités, il faut créer la confiance. »

A l’image de Modeste N’Gou, Ivoirien, directeur général de la Société d’Electricité et des Télécoms de Côte d’Ivoire, en abrégé  Setelci, lauréat du prix de l’entrepreneur de l’année lors de l’édition 2016. « Setelci est née après la fermeture d’un groupe français. Après la crise post-électorale, j’ai eu l’opportunité de reprendre l’activité, explique Modeste. On a commencé en 2013 avec 300 personnes. La première problématique, était de trouver le financement. J’ai donc décidé de participer à ce forum. » Il y trouvera les partenaires financiers nécessaires à son développement. Combiné à une politique managériale efficiente, son entreprise affiche aujourd’hui un chiffre d’affaire de 2 millions de dollars. « Pour rester compétitif, nous avons orienté notre stratégie autour de 5 axes dont le management, le renforcement des capacités, la régionalisation et la diversification.» Ainsi, après la Côte d’Ivoire, le groupe s’est implanté au Cameroun, au Burkina… Et des télécoms, il a ajouté à son portefeuille l’énergie. « Ce n’est pas facile, il y a des défis. Mais pour nous, il est possible de commencer une activité sans rien et de réussir mais cela impose à l’entrepreneur des objectifs concrets.» Et d’ajouter : « On dit souvent que les banques n’ouvrent pas leur porte aux entrepreneurs, mais nous avons aussi nos responsabilités, il faut créer la confiance. Le forum m’a aidé à élargir mon cercle et gagner la confiance de partenaires. »

« C’est réellement le bon moment pour les PME africaines de prendre tout leur rôle dans la  transformation du continent. »

Selon une étude réalisée par le cabinet AfricSearch sur les précédentes éditions, 20% des entreprises participantes y ont trouvé un financement. « Nous devons être sûr que les hommes et les femmes qui font ce continent soient célébrés, indique Didier Acouetey, instigateur de la rencontre et président d’AfricSearch, à la cession d’ouverture. Nous devons célébrer ces champions africains. C’est réellement le bon moment pour ses PME de prendre tout leur rôle dans la  transformation du continent. Quelque chose se passe réellement en Afrique. Et l’organisation de cette édition au Rwanda est un signe…»

Un pays souvent présenté comme un modèle en matière de politique d’accompagnement des PME. Ce que le ministre du commerce et de l’industrie du pays, Vincent Munyeshyaka, confirmera. « Le gouvernement rwandais est très fier d’accueillir cette conférence, indique en guise d’introduction le ministre avant d’en venir au modèle rwandais. Le secteur des Pme est très important dans notre économie. Il représente 90% de notre secteur privé, 40% de nos emplois. C’est pourquoi nous avons mis au cœur de notre stratégie de développement, la vision Kenya 2020, les PME, pour créer les conditions d’une économie compétitive. » Une politique ambitieuse qui a notamment contribué à fortement réduire le taux d’entreprises qui évoluent dans l’informelle dans le pays. Grâce à la mise en place d’un environnement économique propice à l’essor des PME, en les libérant des entraves pouvant freiner leur développement, et en renforçant leur capacité pour les rendre plus compétitives. Mettant l’accent sur l’innovation, la politique nationale en faveur des PME et de l’entreprenariat des jeunes plus largement, articulés autours de plusieurs institutions et outils, est étroitement lié à la promotion des Ntic souligne le ministre. « 70% de notre population à accès à internet. Nous mettons en place les infrastructures pour élargir cet accès à l’ensemble de la population à travers des outils solides. »

« Les PME représentent 90% du secteur privé au Rwanda. C’est pourquoi nous les avons mises au cœur de notre stratégie de développement »

Egalement présent, Biendi Maganga Moussavou le ministre gabonais des PME présentera à son tour la stratégie développée dans son pays pour soutenir les PME. « Pour le Gabon, la problématique est simple. La jeunesse et les Pme sont intimement liées. Comme en Afrique, la majorité de notre population est jeune. Une jeunesse qu’il faut arriver à accompagner pour atteindre ce développement que nous visons tous. A notre niveau, nous adaptons notre politique aux chiffres de l’emploi. En 2016 le taux de chômage était de plus de 20% avec le risque de passer à 50% dans les années à venir. C’est un grand challenge. Ce qui passe par la mise en place du cadre légal. » Première étape de la feuille de route du ministre, elle s’est traduite par une loi, qui va être présentée prochainement au parlement, la création d’incubateurs spécialisés sur les filières porteuses, l’entrée de l’entreprenariat dans les circuits de formation, et ce dès le lycée, enfin la création du statut de l’entrepreneur, ainsi que de celui d’entrepreneur étudiant et d’artisan. « Il fallait adapter la législation aux ambitions des jeunes ». Et un fonds de garantie, destiné à accompagner ces ambitions sur le plan financier, doit prochainement être lancé.

En Côte d’Ivoire, représentée par le ministre du commerce et de la promotion des PME, Souleymane Diarrassouba, un fonds de garantie est également inscrit sur la feuille de route nationale. « Le secteur privé est au cœur de notre stratégie Emergence 2020. Or on ne peut y arriver si on ne tient pas compte des PME qui représentent 20% de notre PIB. On vise les 40% et la création de 400 000 emplois. Pour cela, il fallait s’assurer que le cadre juridique qui permet aux Pme de fonctionner dans un cadre sécurisé existe. » Au-delà, la politique mise en place répond à quatre préoccupations, l’accès au financement, au marché, le renforcement des capacités managériales, l’environnement des affaires adapté, et la promotion de la culture entrepreneuriales. Des mesures ont été prises pour y répondre. A savoir, la création du fonds de garantie ;  l’octroie de 20% des contras lancés par l’Etat à des PME ; le développement des incubateurs ; la création du statut de l’entrepreneur qui permet notamment de bénéficier d’exonérations fiscales. « Et, ajoute, le ministre, nous venons de créer Côte d’Ivoire Pme une agence nationale qui va s’assurer de la mise en place de ces politiques. » Des ministres qui, comme les entrepreneurs, échangeront en tête à tête en marge du forum, l’occasion de partager leurs expériences et de créer des connexions. Les problématiques étant les mêmes.

« L’Afrique a du potentiel. Mais pour que les entrepreneurs du continent évoluent, il faut que les décisions arrêtées au cours de ces colloques ne finissent pas dans les tiroirs. »

« L’Afrique a du potentiel, assure Modeste N’Gou. Mais pour que les entrepreneurs du continent évoluent, il faut que les décisions arrêtées au cours de ces colloques ne finissent pas dans les tiroirs. » Ce qui est précisément la vocation de la charte, innovation de cette édition, qui sera disponible sur le site du forum. « A travers cette charte, l’idée est de dire aux Etas qui affichent tous une volonté d’accompagner le tissus de PME,  quels sont les réels besoins, les solutions et les politiques à mettre en place, et leur montrer aussi comment on peut les accompagner, en réunissant les experts, par exemple. Car finalement, c’est dans notre intérêt à tous qu’ils y arrivent. »

Reconnues comme le moteur de la croissance africaine et principal vecteur de la création d’emplois, les entreprises africaines, en particulier les PME, représentent 90% des entreprises privées. Elles doivent avoir un environnement propice et des politiques innovantes pour accélérer leur développement… Et à travers lui, celui de tout un continent.


 Par Dounia BenMohamed, à Kigali.
Légende photo :
Didier Acouetey (à gauche), président d’AfricSearch et organisateur du forum
Vincent Munyeshyaka Ministre rwandais du commerce et de l’industrie
Modeste N’Gou (à gauche) PDG de Setelci et lauréat 2016 du prix de l’entrepreneur de l’année

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