Emmanuel Macron à Ouagadougou Repenser l’aide publique au développement

Le président Français Emmanuel Macron a prononcé le mardi 28 novembre 2017 à l’université Ouaga 1 Pr Joseph KI-ZERBO à Ouagadougou son discours à la jeunesse africaine au cours d’une visite de 72 heures marquée notamment par l’inauguration de la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest, financée en partie par la France à hauteur de plus de 22 millions d’Euros.

Le président de la République française Emmanuel Macron a invité la jeunesse africaine à abandonner le traumatisme du passé colonial à leurs aînés et à construire avec la France, une relation décomplexée et d’avenir. Et dans cette nouvelle relation, il a noté la nécessité de repenser l’aide publique au développement. « Parfois, notre aide publique au développement ne répond pas aux besoins. Elle fait plaisir à des gouvernements français ou africains. C’est une mauvaise méthode » a-t-il fait savoir. Pour lui, l’aide doit être évaluée, si elle est efficace, il faut la poursuivre. Si elle ne l’est pas, il faut la réorienter vers des projets portés sur le terrain que la France accompagnera. Et pour cela, a-t-il poursuivi, la France et les pays africains devront réfléchir ensemble pour avoir une aide publique au développement plus spécifique. Une aide où la France et ses partenaires africains se mettent ensemble autour de la table, de manière directe, avec les

étudiants, avec les ONG, avec les associations, avec les entreprises pour agréger l’aide multilatérale. Le président Français a réaffirmé son engagement ferme pris au début de son mandat, d’atteindre à la fin de celui-ci, 0,55 % du revenu national brut en termes d’aide publique au développement. Dans son intervention à l’université Ouaga 1 Pr Joseph KI-ZERBO, le président Emmanuel Macron a aussi fait savoir que ce dont l’Afrique a besoin, ce sont des financements pour ouvrir des structures de soins où ces médecins pourront exercer avec les meilleures technologies, c’est de développer la télémédecine, les infrastructures indispensables. Pour cela, il compte demander aux fonds d’investissements privés français, aux assureurs français, de proposer aux pays africains de devenir les actionnaires privilégiés des champions africains de la santé. « Concrètement, je veux que des financements privés français servent demain à ouvrir des cliniques de qualité à Abidjan, Dakar, Ouagadougou ». Le président Emmanuel Macron s’est aussi engagée à accompagner la révolution de l’innovation sur le continent. Elle apportera les 450 millions d’emplois dont l’Afrique a besoin d’ici à 2050 et la France sera au rendez-vous du financement avec plus d’un milliard d’euro. Emmanuel Macron a souhaité que la France par ses entreprises et ses opérateurs soit le partenaire privilégié de l’Afrique, dans le domaine de l’adaptation aux changements climatiques en particulier les énergies renouvelables. Un partenariat qui s’est manifesté par le financement de la centrale solaire de Zagtouli par la France à hauteur de plus de 22 millions

d’Euros et par l’Union Européenne à hauteur de 25 millions d’Euros. La centrale solaire de Zagtouli a été inauguré le mercredi 29 novembre 2017 par les président Français Emmanuel Macron et Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. Elle est située à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, Ouagadougou, miroite au soleil, sur une superficie de 55 hectares, 129.600 panneaux de 260 watts produisant 33 mégawatts d’énergie. Depuis six semaines, la centrale est en phase d’essai avec une production de 14 MW, et elle atteindra le pic des 33 MW courant décembre, sous réserve du niveau d’ensoleillement. Elle permettra d’offrir plus d’énergie à la population en injectant chaque année sur le réseau de la Société nationale d’électrification (Sonabel), 56 gigawatts, soit 5% de la production actuelle, issue des centrales à fioul. Elle va aider à “réduire les délestages”, courants dans le pays où l’électricité demeure une denrée rare pour plus de 80% de la population. L’énergie produite par la centrale solaire de Zagtouli coûtera environ 45 francs CFA (7 centimes d’euro) le kilowatt/heure (KWH), soit trois fois moins chère que l’électricité produite par les centrales thermiques, qui coûte 145 francs CFA. Pays très ensoleillé, avec 5,5 kilowatts/heure par mètre carré et par jour, le Burkina Faso envisage de couvrir d’ici à 2030, 30% de ses besoins en électricité avec le solaire. A la cérémonie d’inauguration, le président Emmanuel Macron, a expliqué que Zagtouli est une étape réussie sur un chemin plus ambitieux de coopération entre les deux pays. A cet effet, il a annoncé que l’Agence Française de Développement (AFD) financera

l’année prochaine un programme de promotion du branchement afin de connecter 25 000 foyers et de petites entreprises dans cette région. Le président Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré a lui annoncé le lancement du plan solaire dénommé Yeleen (lumière en dioula) et qui va permettre d’installer et de démarrer courant 2018, une autre centrale solaire de 40 mégawatt à Ouagadougou ainsi que des centrales solaires de 10 mégawatt au total dans trois villes moyennes et 700 nouveaux villages à électrifier. Au cours de son séjour Burkinabè, le président Français a également inauguré avec son homologue Burkinabè, dans l’après du mardi 28 novembre 2017, un bâtiment de quatre salles équipées de l’école publique Lagem-Taaba (unissons-nous en mooré), située dans l’arrondissement 12 de la ville de Ouagadougou. Une occasion pour Emmanuel Macron de communier avec les élèves du primaire et du secondaire dans les salles de classes et dans la cour de l’école. Les élèves et leurs enseignants ont profité aussi de l’occasion pour soumettre des doléances au président Emmanuel Macron. Ils ont sollicité une salle informatique équipée, une bibliothèque fournie en manuels scolaires, un laboratoire équipé pour leurs travaux pratiques, un plateau omnisport, une cantine et un jumelage avec des écoles et collèges Français.


 

Ibrahima SANOU

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