• Algérie : Les activités de transport et de logistique touchées par la crise économique

Algérie : Les activités de transport et de logistique touchées par la crise économique

La seconde édition du salon international du transport et de la logistique (Logistical) s’est tenue à Alger du 13 au 16 novembre. Sur les 70 exposants, une grande partie sont des sociétés publiques algériennes qui côtoient quelques entreprises nationales privées et quelques françaises. Toutes plus ou moins impactées par la crise économique qui se répercuté sur l’activité.

Par Zahra Rahmouni, à Alger

La crise économique qui s’installe en Algérie a des conséquences sur l’activité des ports qui sont particulièrement touchés par les quotas sur les importations imposés par les autorités. « Comme tous les ports d’Algérie, nous enregistrons une baisse d’environ 20% », souhaite relativiser Abderezzak Sellami, PDG du port de Djendjen, dans la wilaya de Jijel. Situé à l’est, il est le dernier port commercial construit dans le pays.

Avec celui de Mostagenem (dans l’ouest), il s’agit de l’une des structures les plus fortement mises à mal par les licences d’importations appliquées depuis janvier 2016. Auparavant, les deux ports réceptionnaient les véhicules en provenance de l’étranger.

« En terme d’équilibre financier, nous n’avons pas encore été très touchés, l’impact se situe à moins de 10% car nous avons mis en place une stratégie qui nous permet de récupérer du chiffre d’affaires. C’est marginal, mais il y a aussi des produits à l’export avec de gros volumes de ciment et de clinker », détaille M. Sellami. Avec sa participation à ce salon professionnel, organisée par la Chambre Algérienne de Commerce et d’Industrie (CACI) l’entreprise portuaire espère « nouer des contacts en BtoB, se faire connaître et approfondir son image de marque auprès de ses partenaires ».

Conjoncture économique difficile

« Nous sommes venus prendre la température du marché algérien, puisqu’on a eu une année 2017 difficile avec une économie un peu moribonde et un marché sur l’Algérie qui s’est un peu tari », indiquent les membres du réseau français Medlink Ports, première entité fluvio-portuaire française. « Il y a des choses qui se passent, PSA Peugeot a signé alors que le dossier était bloqué, Emmanuel Macron visitera l’Algérie en décembre, ce qui prouve que la France sera plus présente ». En même temps, la fermeté de la politique algérienne inquiète. « Les quotas qui ont été mis en place vont marquer la filière bois et d’autres… le ralentissement, nous le subissons mais par rapport à une conjoncture locale », poursuit Michel Carvaillo, conseiller logistique Rhône-Saône.

Plus loin, Fouad Fodil, directeur succursale au sein de la société algérienne ACI, spécialisée dans la fabrication de remorques et d’équipements, indique que l’activité de l’entreprise a chuté de 35 à 40%. « Pour l’année 2017, le marché s’est un peu contracté. Il y a une baisse d’activité dans tous les domaines, que ce soit dans le transport ou autres. Il y a moins de marché publics par rapport aux années 2015 et 2016 ». Pour y remédier, cette société privée tente de trouver de nouveaux marchés à l’étranger. « On a déjà une représentation en Mauritanie avec un partenaire local et on espère intégrer le marché égyptien en 2018 », avance le responsable.

Au sein du salon Logistical, les entreprises se connaissent pratiquement toutes, explique ensuite le représentant d’un commissionnaire de transport qui ne souhaite pas être cité. La société privée active dans le transport national et international terrestre, aérien et maritime. Pour cette seconde participation, le bilan est plutôt mitigé. « Les décisions politiques touchent tout le monde. Ici, on se connait tous, se sont soit des partenaires soit des concurrents directs ». Selon lui, le secteur n’est pas assez structuré, ce qui engendre des coûts pour les différents opérateurs économiques.

Il évoque notamment les difficultés rencontrées pour trouver de la main d’œuvre qualifiée. « Il n’y a pas d’écoles pour former les logisticiens, il faudrait généraliser les cursus aux universités », suggère le responsable. « Dès que nous avons des nouveaux salariés, on passe plusieurs mois à les former en interne, à nos frais ».

Les promesses du gouvernement

Pour autant, les professionnels ne sont pas tous pessimistes. Ces dernières années, les gouvernements successifs ont lancé de grands projets en matière d’infrastructures de transport et de logistiques. Le réseau ferroviaire est en plein développement avec 2380 kilomètres en cours de réalisation. Les ports d’Oran, Arzew, Jijel, Bejaïa et Ténès vont être dotés d’extensions et 30 zones logistiques seront construites. Sans oublier, le port d’El Hamdania-Cherchell et le nouvel aéroport d’Alger qui sont actuellement en travaux.

Ce dynamisme est propre au nord du pays et d’autres zones restent encore bien isolées. « Actuellement, on expédie jusqu’à 30 camions par jour vers le grand sud. Malheureusement, le réseau routier dans le sud et le grand sud n’est pas favorable à notre activité. Il y a des promesses des autorités mais sur le terrain, il n’y a pas encore de réalisations », note Cherif Maouche, cadre chez la société de transport Bejaïa Logistique, filiale du groupe Ifri.

Chahrazade Aklil, chargée du développement des projets industriels chez Geodis Algérie, évoque  le développement de la route transsaharienne dont le tronçon algérien est presque achevé. « Au lieu d’acheminer la marchandise par voie maritime vers l’Afrique de l’Ouest, il serait intéressant de passer par la route car même si la solution routière reste plus chère, les opérateurs utiliseront quand même ce mode de transport », assure-t-elle.


 

Par Zahra Rahmouni, à Alger

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