• Microfinance La transparence, un préalable au Cameroun

Microfinance La transparence, un préalable au Cameroun

Afin d’éviter le courroux de l’autorité monétaire et du régulateur, les gérants des établissements de crédit sont appelés à adopter les bonnes pratiques au sein de leurs institutions financières. Ce qui séduira les bailleurs de fonds et conduira naturellement à la prospérité de l’entreprise.

Par Didier Ndengue, à Douala 

Au moins un Etablissement de Microfinance (EMF) plie bagages chaque année au Cameroun depuis un certain temps. Après ces fermetures brusques qui laissent régulièrement les épargnants inconsolables, certains gérants de ces EMF et leurs débiteurs indélicats s’évanouissent dans la nature. Début janvier 2017 par exemple, le Cameroun comptait officiellement 412 EMF. Trois ont perdu leurs agréments entre temps pour cause de mauvaise gestion.

Un nouveau réglement à compter du 1er janvier 2018

Au ministère des Finances (Minfi), on apprend qu’ « avant de retirer l’agrément à un EMF, on mène plusieurs opérations de structuration », indique une source bien introduite. Le pays compte désormais 409 EMF, parmi lesquels 90 classés de première catégorie, reconnus par les autorités administratives. A en croire Angoula Mbasssi, chef de cellule de projets et des études à la division de la microfinance à la direction générale du trésor au Minfi, leurs performances rassurent. Pour le compte de l’année en cours, les EMF ont effectué 630 milliards de FCFA de dépôt contre 374 milliards de FCFA de crédit pour 2 millions de clients. S’ils sont appelés à financer l’économie camerounaise à hauteur de 10%, la trésorerie de certains EMF suscite quand même des interrogations, auxquelles le nouveau règlement de la Cemac qui entre en vigueur le 1er janvier 2018, va surement apporter des réponses.

Les nouvelles mesures pour la croissance vont par exemple obliger les EMF de première catégorie, à évoluer en réseau, entre autres. Ces derniers devront donc choisir entre sintégrer à un réseau ou descendre en 2e catégorie. Cette réflexion a été menée par l’autorité monétaire et la Commission bancaire d’Afrique centrale (Cobac) pour rendre ces institutions de finance plus fiables. Des sanctions pénales sont également prévues pour les dirigeants et débiteurs indélicats. Après l’assainissement, « ceux qui vont rester, seront des EMF de très bonne qualité », a déclaré Angoula Mbasssi pendant sa prise de parole le 25 octobre 2017 dans la capitale économique camerounaise  au cours de la première édition de l’Initiative pour la Transparence dans l’Industrie de la Microfinance en Afrique centrale (ITIMAC).

Transparence ou fermeture

Si certains EMF sont au bout du gouffre, l’Agence de crédit pour l’entreprise privée (Acep) elle, a instauré la transparence dans tous ses départements depuis sa création, il y a une vingtaine d’années. Le leader de la microfinance au Cameroun peut donc se féliciter au regard des résultats bénéficiaires obtenus jusqu’à ce jour. Elle a réalisé « environ 700 millions de FCFA pour le compte de l’exercice 2015. En 2016, presque 600 millions de résultats et en 2017, nous espérons entre 600 et 700 millions de résultats, avec un objectif l’année prochaine de presqu’un milliard de résultats », étale Christian Angui, son directeur général adjoint. Auprès des bailleurs des fonds, la microfinance a pu mobiliser un peu plus de 100 milliards de FCFA depuis sa mise sur pied. « On a une dizaine de bailleurs de fonds qui nous écrivent pratiquement tous les jours pour placer leurs fonds », ajoute M.Angui, qui compte 24 agences installées sur sept régions au Cameroun.

“Le Cameroun compte parmi les locomotives de microfinance en Afrique”

Cet exemple amène David Kengne, directeur général du bureau d’étude Microfinance Academy, à conseiller aux autres gérants des EMF du pays de s’inspirer du mode de fonctionnement de l’Acep pour aussi bénéficier de la confiance des bailleurs de fonds. « Le Cameroun compte parmi les locomotives de microfinance en Afrique. Malheureusement, on n’est pas présent dans les grands foras où on décide sur l’avenir de la microfinance à travers le monde. Et la raison est simple : parce que les camerounais n’ont pas encore la culture de la transparence et des bonnes pratiques », s’indigne David Kengne, par ailleurs promoteur d’ITIMAC, concept qui prône la transparence au sein des EMF.


 

Par Didier Ndengue, à Douala 

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