• Alain Taieb, PDG Mobilitas “ La France a besoin d’une approche coordonnée”

Alain Taieb, PDG Mobilitas “ La France a besoin d’une approche coordonnée”

Mobilitas, avec une présence dans 54 pays en Afrique, est un véritable modèle de réussite. Une prouesse portée par une société française. Une ETI avec un «  esprit PME ».  Son PDG, Alain Taieb confie à ANA les clés de son succès… et analyse l’avenir des relations France-Afrique, qui manquent selon lui d’une « caisse de résonance », un catalyseur.

Propos recueillis par Dounia Ben Mohamed

 

Qu’est ce qui fait le succès de Mobilitas ? Et peut-on parler de nouveau modèle ?

Mobilitas est une ETI française et a toujours cru en l’Afrique. Son engouement pour ce continent n’est pas nouveau. Il ne s’inscrit pas dans une sorte de mode récente. AGS/Mobilitas a son projet en Afrique dans son ADN. La particularité de Mobilitas une ETI est d’être très proche de l’esprit PME et par conséquent là où s’implante AGS/Moblitas dans un pays d’Afrique c’est à chaque fois une PME qui est créée, une PME qui est très proche du terrain, proche de son personnel, proche de ses clients. Des PME faisant partie d’une ETI patrimoniale et qui ont comme champ de vision la profondeur du temps futur. AGS/Mobilitas une ETI patrimoniale, voit toujours à 10 ou 20 ans et non pas à court terme. Le nouveau modèle  pour AGS/Mobilitas est le prolongement de l’ancien modèle au sens le plus large et noble du terme.

La France a perdu 50% de parts de marché en Afrique. Elle est concurrencée  par les Chinois, mais également les Turcs, les Marocains… Elle s’est endormie sur ses acquis ?

Cela est exacte d’une certaine façon. Malgré tout en valeur absolue les parts de marché de la France ont augmenté mais pas suffisamment par rapport de l’augmentation du marché d’où cette perception « d’effet de dilution ». Les nouveaux rentrants n’avaient rien à perdre, avaient tout à gagner, et n’avaient pas de complexe ou de prétendu complexe de l’histoire. Il est donc dommage que la France se soit essoufflée au moment où les choses allaient enfin se passer de façon massive gâchant ainsi son lien historique, son ancrage et sa connaissance du continent. Bien évidemment le sursaut est possible et les bases sont toujours là et très solides. La partie n’est pas jouée !

Certains considèrent qu’elle n’a pas vu l’Afrique changer en termes de nouveau leadership, nouvelles attentes et défis… 

Cela est faux. Les entreprises françaises ont parfaitement vu les changements et les entrepreneurs français sont très en contact avec l’Afrique, ses marchés, ses ressources, ses potentiels, ses talents. Chaque entreprise prise individuellement n’a que son propre potentiel d’action. La coordination et l’effet « caisse de résonance » ne peuvent qu’être l’initiative d’Etats. Il nous manque la puissance de cette approche d’ensemble, cette approche coordonnée.

Les PME françaises elles sont très compétitives. Dans le domaine des ENR ou des Ntics on parle même de French Tech… 

Les PME françaises sont innovantes et compétitives. Elles sont créatives et entreprenantes. De nombreux succès, de nombreux projets en cours le prouvent. C’est un domaine d’ailleurs où l’Etat français mais également le Medef tentent de jouer le rôle de catalyseur et d’intensifier le rôle des entreprises françaises dans ces secteurs. Cela se perçoit ici beaucoup plus et beaucoup mieux que malheureusement dans les secteurs traditionnels qui ont été délaissé et  pas ou peu épaulés.

Elles participent au renouvellement des relations France-Afrique justement parce qu’elles font, naturellement, ce que l’Afrique attend de ses partenaires aujourd’hui : transfert de compétences, création d’emplois, et donc de valeur ajoutée…

Je suis d’accord avec cette description. L’entreprise n’a pas d’autre choix pour survivre que de se remettre en cause en permanence pour s’adapter à ses marchés et se maintenir pour le futur. Encore une fois il s’agit ici de la somme d’individualités. Il manque comme je l’ai dit précédemment la caisse de résonance.

Ces PME se disent justement un peu seules, pas forcément accompagnées… 

Je pense que c’est vrai même si les organismes professionnels et les pouvoirs publics montrent clairement qu’elles ont compris la situation. Après l’avoir ignorée pendant des décennies, l’avoir comprise aujourd’hui, c’est mieux ! Cela est nécessaire mais ce n’est pas suffisant. C’est l’action qu’il convient maintenant de mettre en œuvre. L’Action (avec un grand A) si on veut faire de la relation France-Afrique une relation historique. Historique pour le bien et le futur de la France, historique pour le bien et le futur de l’Afrique.

En conclusion l’avenir de la France en Afrique repose sur elles, ce tissu de PME ? 

L’avenir de la France en Afrique passe par la prise de conscience des organismes professionnels et des pouvoirs publics comme j’ai pu l’expliquer. Les PME et ETI sont une des composantes de la réussite. Il y aura plus de 600 M d’individus qui vivront dans des pays francophones d’Afrique dans les 30 ans (10 fois que la population de la France aujourd’hui). Il convient donc de faire un plan Marshal de la formation professionnelle et de l’éducation pour que le français reste la langue dans ces pays. Il convient d’encourager toutes les composantes de la société civile à s’intéresser au continent. Les PME et ETI n’en sont qu’une petite partie.


 

 

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