• Interview Khaled Igue « Le continent africain veut raconter son histoire et pour cela il faut créer l’avenir »

Interview Khaled Igue « Le continent africain veut raconter son histoire et pour cela il faut créer l’avenir »

Le 20 septembre prochain se tiendra à Paris la seconde édition d’Africa Time for a New Deal, une rencontre portée par le Think tank Club 2030 Afrique, dont la vocation est de réfléchir à des solutions africaines aux problématiques de l’ Afrique. A cette occasion, Khaled Igue, son instigateur, revient pour ANA sur l’année qui s’est écoulée et les nouveaux défis du continent.

 

Avant de parler de la prochaine édition d’Africa Time for a New Deal, qui se tiendra le 20 septembre prochain à Paris, dites-nous que s’est-il passé depuis la première édition, il y a un an ? 

La première édition a vu naître un rapport avec des recommandations qui a fait l’objet d’échanges avec des entreprises, des associations africaines, les Chambres de Commerce africaines et aussi quelques gouvernements notamment en Afrique de l’Ouest et au Maroc. Les recommandations que nous portons au-delà des institutions représentent de vrais outils de sensibilisation auprès du grand public en Afrique qui s’intéresse vraiment au développement du continent.

C’était l’objectif du Club 2030 Afrique que vous avez fondé, d’accompagner les pays africains dans leur processus de développement… 

L’Afrique est en train de définir son propre épistémè, des écoles de pensée sont nécessaires pour réfléchir sur une vision africaine de l’Afrique et sur une vision africaine du monde. Le continent africain veut raconter son histoire et pour cela il faut créer l’avenir.

Qu’est ce qui nous attends pour cette seconde édition ? 

Nous abordons le sujet de la transformation économique du continent pour répondre à tous ces défis. L’année 2016 restera marquée comme celle de la déstabilisation de la croissance du continent africain, au sommet depuis plus de quinze ans. Avec un taux de moins de 2 %, certaines économies africaines débutent l’année 2017 avec de sérieux handicaps…La chute des cours des matières premières a fait plonger les géants d’Afrique tels que le Nigeria, l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Angola, le Ghana ou encore l’Égypte, qui n’avaient pas anticipé les impacts de cette baisse des cours sur leur économie. Pour se redresser dès 2017, ces pays doivent diversifier leurs économies, notamment vers l’agriculture qui pourrait devenir pour certains d’entre eux la première source de revenus. En parallèle, pour créer un environnement business d’avenir, ils doivent lutter contre leur instabilité politique et se doter des infrastructures nécessaires à leur développement économique. Ceci permettra notamment de faire baisser des taux de pauvreté et de chômage encore présents à des niveaux record dans certain de ces pays.

Quel rôle doit, et peut jouer dans ce sens la diaspora et les Think tank comme le Club 2030 Afrique ? 

Aujourd’hui, la population africaine s’élève à 1,2 milliards d’habitants, ses diasporas, 30 millions de personnes présents dans les quatre coins du globe, qui enrichissent par leur diversité la scène culturelle, politique et économique des pays d’accueil. Chacun à sa manière, quelques uns par l’agilité de leur plume, d’autres à travers la finesse de leur esprit ou encore par le biais de leur savoir-faire, permettent également de redonner un souffle nouveau à leur pays d’origine. Sur le plan culturel, ils peuvent améliorer le regard souvent erroné qui est porté sur le continent. Le géographe George Kimble avait dit que « la seule chose obscure sur l’Afrique est notre ignorance sur celle-ci ». Ils peuvent donc introduire la culture de leur pays afin de valoriser son potentiel culturel et touristique. Ceci permettrait une meilleure attractivité en termes d’Investissements Directs Etrangers et induirait une hausse de l’afflux touristique dans les différents pays. En termes de capitaux, leur apport est tellement important qu’il pourrait constituer la réponse macro-économique aux problèmes d’une Afrique très endettée. Les flux de capitaux en provenance de la diaspora sont en effet supérieurs à l’aide versée au continent chaque année par les pays occidentaux. À travers la mise en place de plans de financement propres fondés sur l’apport des diasporas, le niveau de dette des pays africains pourrait donc être réduit. Une source de financement pourrait être créée, réduisant ainsi la dépendance des pays vis à vis des organismes internationaux et mettant fin à leur tutelle très contraignante au niveau des crédits accordés.


 

Propos recueilli Par Dounia

Vous pourriez aussi aimer

Actualité

Binta Touré Ndoye nommée à la tête d’Oragroup

Binta Touré Ndoye succède à Patrick Mestrallet au poste de Directrice générale du groupe bancaire Oragroup, présent dans douze pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale, notamment au Bénin, au Burkina,

Actualité

Algérie : Sonatrach va augmenter la capacité des raffineries

Les exigences du développement économique et de la croissance du parc automobile en Algérie ont entraîné une augmentation de la demande en carburants, amenant la Société Nationale pour la Recherche,

Actualité

Doing Business 2016 : Le record des réformes pour l’Afrique subsaharienne

Au sortir du lancement du rapport Doing Business 2016 par la Banque Mondiale, mercredi dernier, il ressort que l’Afrique subsaharienne est le grand gagnant avec pas moins de 60 réformes