Révolution verte Les promesses d’Abidjan

Révolution verte Les promesses d’Abidjan

Par la rédaction 

Au terme de la 7e édition du Forum sur la révolution verte en Afrique, qui s’est tenue du 4 au 8 septembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire, considérée comme la plus grande rencontre africaine dans le secteur agricole de cette année, des engagements ont été pris pour accélérer la transition agricole sur le continent et diversifier pas la même occasion les économies africaines. Le secteur agricole, qui assure plus de 70 % des emplois en Afrique, apparaissant comme un levier clé du développement. 

Sous le thème « Accélérer la marche de l’Afrique vers la prospérité : contribuer à la croissance d’économies inclusives et à la création d’emplois à travers l’agriculture », la  7e édition du Forum sur la révolution verte en Afrique, qui s’est tenue du 4 au 8 septembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire, une première en terre francophone (après Nairobi en 2016), a fait figure de plus grand évènement consacré au secteur sur le continent. Organisé par l’Alliance pour une révolution verte en Afrique (AGRA), une institution dirigée par des Africains qui entend placer les agriculteurs au cœur de la croissance économique du continent, la rencontre, qui s’est ouverte en présence du president ivoirien Alassane Ouattara, a réuni décideurs politiques, experts, producteurs agricoles et autres partenaires tels que l’Union africaine (UA), la Banque africaine de développement, le Fonds international de développement agricole (FIDA), etc.

70 % des emplois en Afrique

A partir des résultats de la campagne « Saisir le Moment » d’AGRF 2016, qui a aboutie sur des engagements politiques, stratégiques et financiers de plus de 30 milliards de dollars EU, il s’agissait d’accélérer la transition agricole sur le continent et diversifier pas la même occasion les économies africaines. Le secteur agricole, qui assure plus de 70 % des emplois en Afrique, apparaît comme le moteur de la croissance économique sur l’ensemble du continent, particulièrement pour les 300 millions de jeunes Africains qui arriveront sur le marché du travail au cours des 15 prochaines années.

« Traditionnellement, on attend de grands projets agricoles de la part des gouvernements. Désormais, il faut plus que jamais reconnaître que le secteur privé doit aussi participer aux financements pour que puisse se produire la révolution verte de l’Afrique »

 

Jennifer Blanke, vice-présidente de la BAD chargée de l’Agriculture et du Développement humain et social a, dans cet objectif, invité les banques à accompagner les projets agricoles. Dans un panel qui réunissait le ministre sénégalais de l’Agriculture, Papa Seck, le vice-président du groupe nigérian Dangote, Sani Dangote, et Karim Lofti Senhaji, PDG d’OCP Africa, groupe marocain, elle a vivement encouragé le secteur privé à prendre toute sa part dans la révolution verte. « Traditionnellement, on attend de grands projets agricoles de la part des gouvernements. Désormais, il faut plus que jamais reconnaître que le secteur privé doit aussi participer aux financements pour que puisse se produire la révolution verte de l’Afrique, préconise-t-elle. Nous n’avons pas seulement besoin de l’appui financier des gouvernements et du secteur privé, mais aussi de savoir-faire. » Rappelant au passage que la BAD doit investir 24 milliards de dollars EU dans le secteur agricole au cours des dix prochaines années.  Des financements loin d’être suffisants pour porter la transition agricole sur le continent. D’où l’importance de mettre en place des mécanismes de financements alternatifs. Ce qui demande également d’instaurer des garanties pour limiter les risques, liés aux aléas climatiques notamment.

 

Mettant en avant le modèle ivoirien, Mamadou Sengafowa Coulibaly, ministre de l’Agriculture et du Développement rural en Côte d’Ivoire, a plaidé pour une réorientation des politiques agricoles. « Je crois vraiment que la réponse viendra d’investissements davantage axés sur l’apport de valeur ajoutée aux produits de l’agriculture, et que cela va aider les agriculteurs à gagner plus que ce qu’ils gagnent aujourd’hui. » Encore faut-il, admettra-t-il que les États mettent en place les infrastructures qui vont permettre au privé de valoriser l’activité agricole.

BAD : 24 milliards de dollars EU dans le secteur agricole au cours des dix prochaines années

L’implication de tous les acteurs concernés, à travers une stratégie coordonnée, c’est le leitmotiv président de la BAD, Akinwumi Adesina, qui s’est exprimé par vidéoconférence, rappelant l’urgence d’aller vers l’autosuffisance. «  L’agriculture, en plein boom en Afrique, représente la meilleure des opportunités pour stimuler les économies africaines, bâtir les économies rurales, sortir des millions de gens de la pauvreté et créer des emplois ». Pour ce faire et accélérer le mouvement, la BAD s’est dotée d’une stratégie pour “Nourrir l’Afrique”, qui vise à libérer le potentiel du marché agro-alimentaire africain, qui pourrait atteindre 1 000 milliards de dollars EU d’ici à 2030, à travers Cinq grandes priorités de développement  – dites “Top 5” de l’institution en 2015 : “Éclairer l’Afrique et l’alimenter en énergie” ; “Nourrir l’Afrique” ; “Industrialiser l’Afrique“ ;  Intégrer l’Afrique” ; et “Améliorer la qualité de vie des Africains”.

« Le temps est venu pour l’Afrique de devenir le moteur économique mondial de l’agriculture et de la production alimentaire. Nous sommes déjà en retard. »

La Banque invite les partenaires, les gouvernements, le secteur privé et les institutions de développement à travailler de concert pour réaliser cet objectif. « Nous devons faire vite, presse le président de la Banque africaine de développement. Le temps est venu pour l’Afrique de devenir le moteur économique mondial de l’agriculture et de la production alimentaire. Nous sommes déjà en retard. »

Signature d’accords de coopération et de partenariat pour une valeur globale de 6,5 milliards $

Mais le forum ne s’est pas limité aux discours. Entre les conférences et ateliers, des accords de coopération et de partenariat ont été signés pour une valeur globale de 6,5 milliards $. Parmi lesquels, un partenariat pour la transformation agricole inclusive en Afrique (PIATA), réunissant la Fondation Bill & Melinda Gates, la Fondation Rockefeller et l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID). Près de $280 millions seront investis par les trois organisations pour « catalyser et soutenir une transformation agricole inclusive dans au moins 11 pays d’Afrique», indique une communiqué. Les nouveaux investissements porteront sur le développement de systèmes d’intrants, de chaînes de valeur et de politique.
Pour en savoir plus https://www.afdb.org/fr/news-and-events/events-calendar/agrf-2017/

 


Légende :  La  7e édition du Forum sur la révolution verte en Afrique s’est tenu du 4 au 8 septembre à Abidjan, en Côte d’Ivoire, considérée comme la plus grande rencontre africaine de l’année dans le secteur agricole. Crédit photo : DR

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