• Ghana : renégociation de l’accord triennal avec le FMI
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Ghana : renégociation de l’accord triennal avec le FMI

Quelques mois après sa prise de fonction, la nouvelle administration ghanéenne du Président Nana Dankwa Akufo-Addo veut renégocier son programme d’aide estimé à 918 millions de dollars avec le Fonds monétaire international (FMI). Ceci, explique-t-on du côté de la nouvelle administration, va permettre de disposer d’une marge de manœuvre pour satisfaire les promesses électorales.

 

Le programme d’aide triennal conclu entre le Ghana et le FMI devrait s’achever en avril 2018. Mais pour financer ses différents programmes, la nouvelle administration veut en revoir les termes. C’est dans cette optique que Yaw Osafo-Maafo, le nouveau Ministre de l’Economie et des finances, a entamé des discussions avec une délégation du FMI qui s’est rendue dans la capitale ghanéenne en février 2017.

 

Un programme à réviser

 

« Le programme d’aide du FMI doit être révisé, il sera certainement révisé, il comprime l’espace budgétaire, et du point de vue du New Patriotic Party (NPP, le parti au pouvoir) ce programme doit être revu », a expliqué Yaw Osafo-Maafo quelques semaines après sa prise de fonction.

 

Cette renégociation du programme va permettre au pays de disposer d’une marge de manœuvre budgétaire pour financer tous les programmes étalés lors de la campagne électorale fin 2016. L’actuel locataire de Flagstaff House, le palais présidentiel, avait promis de consacrer un million de dollars chaque année à chaque circonscription pour financer le programme dénommé « un district une usine. » Il s’est aussi engagé à rehausser le niveau de l’économie en déployant des investissements publics dans tous les secteurs.

 

Déjà, le FMI avait approuvé en janvier dernier le déblocage d’une troisième tranche de son aide estimée à 114,6 millions de dollars. Ceci porte le total des décaissements du FMI à 343,7 millions de dollars. Mais  le gouvernement pense qu’une relecture de l’accord triennal s’avère primordiale afin de relancer l’économie.

 

Le FMI disposé à une prorogation avec le Ghana

 

Pour soutenir le pays, le FMI est disposé à discuter les termes de cet accord avec le Ghana. Toutefois, l’institution exige de la nouvelle administration un assainissement des finances publiques. Dans un communiqué, le FMI souligne que « les autorités devraient poursuivre leurs efforts budgétaires. À cet égard, il est essentiel que le gouvernement s’engage dans une politique rigoureuse de contrôle des dépenses à travers le maintien de la masse salariale dans les limites prévues par le budget de l’État, la réduction des dépenses discrétionnaires et la sauvegarde des dépenses prioritaires. »

 

Déjà, le Fonds monétaire international s’est dit prêt à revoir la date d’expiration de son plan conclu avec la précédente administration le 3 avril 2015, au-delà d’avril 2018. « C’est une proposition faite lors de la visite d’une mission d’évaluation du FMI. Comme ce sujet a été évoqué alors il y aura une autre rencontre pour officiellement présenter cette requête. Le gouvernement a discuté de cette possibilité avec le FMI. Cependant, rien n’a été signé pour le moment. Au départ le programme d’aide devait prendre fin en avril 2018. Mais, je sais qu’il y a des discussions en cours pour l’étendre jusqu’en décembre 2018 », a confié Dr. Anthony Akoto Osei, Ministre de l’Évaluation et du Contrôle.

 

Contenir le déficit fiscal à 5,2%

 

Du côté du gouvernement on estime qu’une renégociation de l’actuel Crédit de Facilité Externe va permettre au pays de contenir son déficit fiscal à 5,2% d’ici 2018. Mais, certaines contraintes seront imposées par le FMI. Pour rappel, les nouveaux dirigeants ont hérité d’un déficit budgétaire estimé à environ 10% et laissé par la précédente administration.

 

Cette situation a été décriée par l’actuel Ministre des Finances lors de sa prise de fonction en janvier 2017. « Le pays a contracté beaucoup de dettes auprès de ses partenaires. Il va falloir désormais, s’orienter vers des financements innovants tout en gardant en tête les besoins du pays » avait-il déclaré. « Compte tenu de l’énorme dette dont elle a héritée, l’administration actuelle ne pourra pas revoir à la baisse certaines taxes, comme elle l’avait promis… », a expliqué Martin Tamakloé, économiste.

 

L’économie du pays est morose depuis 2013 à cause d’une forte dégradation des comptes publics avec un ratio dette-PIB estimé à environ 70%. Toutefois, le pays a enregistré en 2016 une croissance économique estimée à 3,6%  dépassant les prévisions de 3,3% du FMI.


 

 

Auteur : Blamé Ekoué // Photo : Yaw Osafo-Maafo, Ministre de l’économie du Ghana © Blamé Ekoué – Radioxyzonline

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