• RDC : « année éprouvante pour la Banque centrale »
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RDC : « année éprouvante pour la Banque centrale »

La situation économique et financière du pays, arrêtée au 15 mars 2017, a été passée en revue au cours de la réunion stratégique entre les ministres des finances, du budget, de l’économie et par le gouverneur de la Banque centrale du Congo, la BCC. Ainsi, on note une croissance de la poussée inflationniste et de la dépréciation monétaire, comme l’a souligné, ce 27 mars, le Premier Ministre Samy BADIBANGA.

«La croissance de la poussée inflationniste et de la dépréciation monétaire semblent avoir contribué à déstabiliser le cadre macroéconomique national, en dépit du contexte économique international, ce qui reste encore peu rassurant », rapporte le communiqué officiel du 27 mars dernier. Pour Deogratias Mutombo, le gouverneur de la BCC, « cette année a été éprouvante pour notre institution. »

« La dépréciation s’accentue »

Evoquant la monnaie congolaise, le communiqué explique que le rythme de la dépréciation du taux de change du franc congolais par rapport au dollar américain s’accentue davantage. Au 15 mars, elle était de 4,38% sur le marché indicatif, et de 2,07% sur le parallèle. Sur ces deux marchés, le change était respectivement à 1460,98 CDF/USD et à 1465,87 CDF/USD, contre 1380,19 CDF/USD et 1.465,17 CDF/USD auparavant.

Cette dépréciation du franc congolais face au dollar américain a ainsi entraîné l’augmentation des prix de certains produits sur le marché. Par exemple, le litre de carburant qui se négociait à la pompe, il y a peu à 1150 CDF, se vend désormais à 1550 CDF. Le comité de politique monétaire de la Banque centrale du Congo attribue cette dépréciation au ralentissement de l’activité économique en RDC et à la baisse du prix des matières premières sur le marché mondial.

« Un solde négatif pour amortir la dette »

Au même moment, il y a lieu de constater que les opérations financières de l’Etat accusent un solde négatif de 75,653 milliards CDF, contre un excédent projeté de 39,346 milliards CDF. « Cet état résulte des recettes de 320,960 milliards CDF (72% de réalisations) et dépenses de 376,614 milliards CDF (104% d’exécution) », rapporte le communiqué officiel. Ce solde négatif s’explique aussi par « les dépenses des institutions et ministères, les paiements centralisés, l’amortissement de la dette extérieure ainsi que les dépenses exceptionnelles de la CENI. »

De plus, « tous les paramètres de prévisions ont bougé », a reconnu dans une interview-bilan, sur la télévision nationale Deogratias Mutombo, le gouverneur, qui indique aussi que l’inflation prévue en fin d’année à 4,2% est largement dépassée. Pour la seule année 2016, le franc congolais a enregistré « plus de 20% de dépréciation », a-t-il regretté.

« Les réserves de change s’effritent »

« L’année 2016 a été particulièrement éprouvante à la BCC », a poursuivi le gouverneur Mutombo qui explique cette situation par des difficultés auxquelles son institution a fait face. Il a notamment évoqué l’insuffisance de ressources financières en interne et la morosité de l’économie dans son ensemble.

« Il y a bien sûr la dépréciation du franc congolais face à la monnaie principale, le dollar américain, de même que la résurgence de l’inflation observée sur le marché des biens et services, mais aussi l’effritement des réserves de change au cours de ces douze derniers mois », a déclaré le gouverneur de la BCC.


 

Auteur : Yves Eliel KANIKI // Photos : Deogratias Mutombo, Gouverneur de la BCC, Siège de la BCC © Yves Eliel KANIKI

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