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Côte d’Ivoire : des appels d’offre pour l’énergie renouvelable

Trop longtemps non promue, l’énergie renouvelable rentre peu à peu dans le processus décisionnel des autorités ivoiriennes – et séduit de solides investisseurs – malgré des difficultés de financement encore trop prégnantes.

 

Dans le numéro 1397 du 28 février au 7 mars 2017 du Journal des Marchés, un appel d’offres public attire l’attention. Il s’agit de trouver des entreprises qui auront à réaliser des chantiers « d’électrification à l’énergie solaire de vingt-six villages des zones productrices de café-cacao. » Mais entre les surtaxes pour le producteur et les coûts pour l’utilisateur, le secteur peine encore à se financer, malgré quelques investisseurs privés solides.

 

1000 milliards pour le solaire

Le 29 janvier dernier, l’ancien président ivoirien Henri Konan Bédié procédait à la pose de la première pierre du projet de production d’énergie photovoltaïque, du consortium ivoiro-italien qui a créé une entité « Daoukro Energies » à cet effet.

 

Avec 1000 milliards FCFA (1.6 milliard d’euro), SERES Synergies Holding S.A entend révolutionner l’usage domestique du soleil et des autres formes de production d’énergie non fossile. A Daoukro (Centre-Est), une centrale hybride solaire-thermique verra donc le jour avant deux autres projets, à Assinie (Sud-Est) et Kotobi (Sud-Est). Pour Daoukro Energies, c’est 705 240 708 Euros soit 462 637 904 448 milliards de FCFA, et 350 MW pour 300.000 foyers.

 

« L’idée m’est venue dans les années 95, sous le Président Bédié, à la suite du constat que j’ai fait, à savoir que les barrages construits sous le Président Houphouët-Boigny n’arrivaient plus à satisfaire la demande à cause de l’augmentation considérable de la population, donc des ménages » fait savoir le PCA de cette entreprise, Aimé Floriant Comoé N’da.

 

Un objectif ambitieux mais surtaxé

En mars 2016, Daniel Kablan Duncan alors Premier Ministre indiquait que le besoin énergétique à combler est grand. Pour une autosuffisance énergétique, la Côte d’Ivoire doit produire 4000 MW en 2020, objectif pour son émergence. Alassane Ouattara a promis du courant « pour tous les villages de 500 habitants. » Ce qui n’est pas le cas actuellement avec les coûteux investissements à réaliser en amont avant la desserte des foyers.

 

Sunlight Energy, la plus grande entreprise de fourniture d’équipements d’énergie solaire, implantée à Abidjan depuis 2013, par la voix de son Directeur Général, Cédric Carpentier a un regard peu confiant sur l’objectif. « Nous sommes surtaxés, et avec nous les clients, à 18% de Tva, cela les décourage et ils s’interrogent sur la portée de cette énergie » déplore Cédric Carpentier.

 

« Notre plus grand marché, estimé entre 400 et 500 millions FCFA, a été celui de l’électrification de l’axe routier interurbain Abobo-Anyama sur au moins 5 Km » nuance cependant Cédric, pour qui il reste encore tout à faire dans la région, ce qui pourrait embellir les perspectives : « dans la sous-région ouest-africaine, la Côte d’Ivoire est le pays le moins bien loti derrière le Niger, le Mali, le Burkina Faso et le Sénégal en matière d’utilisation d’énergie solaire. »

 

Libéraliser pour faire bouger les lignes

Le DG de Sunlight Energy reconnaît aussi que « l’énergie solaire n’est pas à la portée de tous » du fait des taxes élevées. « Pour une maison à Abidjan, il faut débourser entre 4 et 5 millions FCFA,  ce qui n’est pas à la portée du premier venu. En zone rurale, il faut dépenser entre 1,5 et 2 millions FCFA pour avoir l’énergie solaire qui est encore du luxe en Côte d’Ivoire.  A Sunlight Energy, nous avons des panneaux garantis sur 25 ans. On essaie de faire bouger les choses tout doucement mais c’est difficile… »

 

La volonté politique pourrait-elle aider à la transition vers le renouvelable et à faire bouger les lignes ? L’initiateur de Daoukro Energy, Comoé N’da, répond par l’affirmative : « libéraliser le secteur de l’électricité dans le domaine de la distribution » est une des pistes pour booster le financement du secteur, car « cela permettrait de créer de la concurrence et donc ferait baisser les coûts. »


 

Auteur : Issiaka N’guessan // Photo : Centrale de Daoukro © Daoukro Energies

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