• « L’Afrique doit répondre aux besoins de productions audiovisuelles de qualité » – Ardiouma Soma
  • « L’Afrique doit répondre aux besoins de productions audiovisuelles de qualité » – Ardiouma Soma

« L’Afrique doit répondre aux besoins de productions audiovisuelles de qualité » – Ardiouma Soma

La 25ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (FESPACO) est prévue du 24 février au 4 mars 2017, sur le thème « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel. » A un mois du début de l’événement, le Délégué général Ardiouma Soma fait le point sur l’organisation du Festival, et ce à l’heure du numérique.

 

Le FESPACO aura lieu dans moins d’un mois. Comment s’organise cette 25ème édition et la demande est-elle au rendez-vous ?

Nous avons lancé le 12 janvier notre Comité national pour l’organisation du festival. Il accompagne la Délégation générale du FESPACO – qui, elle, travaille déjà depuis deux ans pour la conception, la planification, la concrétisation et la collecte des fonds. Mais maintenant, à 4 semaines de l’événement, nous entrons dans une phase finale – d’où la mise en place du Comité, parce qu’il y a un ensemble d’activités à mettre en œuvre et qui nécessite une équipe élargie : surtout pour faire face à l’augmentation de la demande. Par exemple, nous avons enregistré plus de 1000 films contre près de 670 films en 2015, soit une progression de plus de 30%. Cela dénote d’un dynamisme certain de la filière cinéma et audiovisuel dans nos différents pays africains.

 

Vous venez de rentrer d’Abidjan. En quoi la Côte d’Ivoire est-elle un partenaire du FESPACO ?

D’abord, si nous sommes allés à Abidjan, c’était pour le lancement officiel de notre évènement le 5 janvier – mais surtout la Côte d’Ivoire est le pays invité d’honneur de la présente édition. Le choix de la Côte d’Ivoire, comme invité d’honneur, s’explique par le fait que son gouvernement a posé un certain nombre d’action en faveur du cinéma et de l’audiovisuel. Notamment par la mise en place d’un fonds de soutien à l’industrie du cinéma et par l’adoption d’une politique de réhabilitation et de numérisation des salles de cinéma.

 

Quels sont les autres partenaires internationaux que fédère le Festival ? Et comment cela impacte-t-il le financement de la filière ?

Après notre passage à Abidjan, les tournées de présentation du FESPACO vont se poursuivre à Bruxelles, en Belgique, et à Paris, en France, afin de rencontrer tous les professionnels du secteur. Nous rencontrons aussi les cinéphiles et le public, et ce pour qu’il y ait une forte adhésion à notre festival qui est aujourd’hui la vitrine du cinéma africain. Dans ces pays, on retrouve des institutionnels qui soutiennent financièrement les projets culturels sur notre continent : les Fonds Européens, l’Afrique Caraïbes Pacifiques (ACP), la communauté française de Belgique, l’Africalia, et bien sûr la diaspora africaine constituée de cinéastes et d’hommes de cultures.

 

A combien s’élève le budget de l’organisation ? Et comment est-il constitué ?

Le budget de cette 25ème édition tourne autour d’un milliard FCFA, pour quelques 100 millions en termes de besoin financiers. Ce budget est élaboré avec un plan de financement qui prévoit des contributions multiples : celle de l’Etat du Burkina Faso, celles des pays amis du Burkina Faso, et celles des partenaires au développement dans le cadre des coopérations bilatérales et multilatérales. Mais notre financement enregistre également la contribution de sponsoring avec le secteur privé, et divers accompagnements qu’on peut avoir avec d’autres types de structures…

La Télévision Numérique Terrestre (TNT) est actuellement lancée dans différents pays d’Afrique. Selon vous, comment peut-on accompagner cette « révolution numérique » ?

Avec l’arrivée de la TNT, il va y avoir une grande diversité d’écrans, ce qui va augmenter considérablement le besoin de contenus audiovisuels. L’Afrique doit donc se préparer à répondre à ce besoin par des productions de qualité, qui puissent rivaliser avec des standards internationaux… C’est pourquoi, pour cette édition, nous sommes revenus sur ce thème fondamental – « Formation et métiers du cinéma et de l’audiovisuel » – et ce afin d’accompagner cette nouvelle technologie de diffusion.

 

Dans deux ans, le FESPACO va célébrer ses 50 ans d’existence. Il y a-t-il déjà des réflexions en cours, en vue de donner une coloration particulière à cet anniversaire ?

En 2019, un arrêt sera marqué pour faire le bilan du FESPACO, et surtout réfléchir sur l’avenir de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel : car dans la dynamique de la TNT, nombres de questions se posent… Mais ce sera aussi une occasion de reconnaissance pour tous les pionniers et tous les combattants de l’industrie du cinéma et de l’audiovisuel africain.


 

Auteur : Ibrahima Sanou // Photo : Ardiouma Soma, le délégué général du Fespaco – © FESPACO

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