• Gambie: quelle économie pour le nouveau Président ?

Gambie: quelle économie pour le nouveau Président ?

Le nouveau président de la Gambie, Adama Barrow, affairé à la désignation des membres du Gouvernement, doit insérer dans sa liste de priorités la redynamisation de l’économie de ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, tant son élection suscite les attentes de la population dans ce domaine.

Le régime Jammeh, qui a duré 22 ans – connu pour sa mauvaise gestion économique et sa corruption – laisse le pays sans argent. Et l’ancien président Yahya Jammeh a pillé près de 11 millions de dollars quelques jours avant de quitter le pouvoir le 21 décembre 2016. Aujourd’hui, Adama Barrow, le nouveau président, priorise pour son action économique : la réconciliation, le développement, l’agriculture, et la lutte contre le chômage.

 

Un groupe de réflexion

 

Le nouveau Ministre des Finances et des Affaires Economiques du pays a prêté serment le mercredi 1er février 2017 à Serre Kunda, la capitale commerciale du pays, sous la nomination de Adama Barrow. M. Amadou Sanneh, ancien comptable général de la Gambie, jouera donc un rôle prépondérant dans la relance économique du nouveau gouvernement.

 

Pour l’aider à cette tâche, le Président a également annoncé la mise en place d’un nouveau « Groupe de Réflexion » appelé Agence pour le Développement Socioéconomique Durable (ADSED), composé de 7 experts gambiens dans les domaines économique, politique, civil, social, culturel et environnemental. L’agence est chargée d’élaborer un programme de développement triennal appelé Programme d’Eradication de la Pauvreté, de Développement Socioéconomique Durable et de Coopération au Développement.

 

Des attentes très fortes

 

Malgré la victoire de Barrow lors de l’élection présidentielle de décembre 2016, les attentes des deux millions d’habitants de Gambie s’annoncent très élevées. Barrow a ainsi promis de redynamiser l’économie et de tourner la page de l’ancien dictateur Yahya Jammeh.

 

« En nous engageant à enterrer notre expérience politique passée, douloureuse et sans précédent, et à commencer un processus national de guérison, nous appelons les membres de cette auguste assemblée, les partenaires au développement et les autres membres de la communauté internationale à continuer de soutenir le gouvernement et le peuple gambiens dans nos processus de relance économique et sociale », a déclaré Barrow dans un discours prononcé en son nom par son vice-président, Fatoumatta Jallow Tambajang, lors du Sommet de l’Union Africaine en Ethiopie.

 

Aide au développement et à l’agriculture

 

L’Union Européenne (UE) a annoncé dès le mardi 31 janvier 2017 une aide au développement d’un montant de 33 millions d’euros (35,6 millions de dollars) pour la Gambie, laquelle avait été gelée à cause des problèmes des droits de l’homme sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh. L’ambassadeur de l’UE en Gambie, Attila Lajos, lors d’une réunion avec le nouveau président à Banjul, a depuis assuré que « l’UE mettrait tous les moyens disponibles pour soutenir la Gambie. »

 

Toujours en matière d’aide, l’une des principales promesses de campagnes électorales de Barrow porte sur la relance de l’agriculture, laquelle constitue l’épine dorsale de l’économie gambienne. Le secteur agricole est le secteur le plus important, contribuant jusqu’à 32% du produit intérieur brut (PIB) – avec 80% de la population dépendant de l’agriculture à la fois pour leur subsistance et pour leur revenu. Cependant, le secteur a été négligé sous le régime de l’ancien président Jammeh et devra être réformé.

 

Résoudre le problème de chômage

 

Un autre problème pressant auquel sont confrontés les Gambiens est le taux élevé de chômage des jeunes. Il est dû essentiellement à l’exode massif vers l’Europe, à travers des embarquements périlleux par la mer Méditerranée, qui est localement surnommé le « chemin du retour ».

 

Si pendant des années, plusieurs personnes sont mortes en tentant de traverser la mer pour rejoindre l’Italie en provenance de Libye, Barrow promet de s’attaquer au problème en créant des emplois en priorité pour les jeunes, afin de les décourager de quitter le pays.


 

Auteur : Momodou L JAITTEH // Photo : Adama Barrow C Momodou L

 

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