• Côte d’Ivoire : la cyberpolice et l’armée pour rassurer les investisseurs
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Côte d’Ivoire : la cyberpolice et l’armée pour rassurer les investisseurs

Après la grave crise que le pays a connue durant neuf ans, difficile de perdre les réflexes de la rébellion pour cette armée recomposée. A côté des mutineries, certes sporadiques mais qui ne rassurent pas les investisseurs, la cybercriminalité fait du pays une zone rouge. « Défense et Sécurité » donc, les deux thèmes centraux du Salon ShieldAfrica, qui s’est tenu à Abidjan du 23 au 26 Janvier.

Une fois le paiement effectué des 5 millions de FCFA à chacun des 8400 soldats de l’ex-rébellion des Forces Nouvelles, la Côte d’Ivoire veut rassurer ses opérateurs économiques. Car, comme le souligne Hamed Bakayoko, Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, « la Défense et la Sécurité sont des maillons essentiels de la réponse stratégique d’un pays ; vous avez vu qu’en une journée ou en quelques jours, l’instabilité peut annihiler tous les efforts de plusieurs années en matière de confiance, de croissance et de performances économiques. »

ShieldAfrica, cadre de rencontres

Dédié à la Défense et à la Sécurité, le ShieldAfrica accueillait 130 entreprises d’envergure internationale qui avaient répondu à l’invitation de Stéphane Konan, le Commissaire général, et de Patrick Colas des Francs, président de Coges Africa. Parmi elles, la société Drone Volt, dont les drones « traitent les plantations de café et de cacao » – ce qui a priori est loin du thème sécuritaire. Pourtant son directeur, Bernard Berthier, explique sa présence : « plus vous avez la sécurité dans le pays,  plus l’investissement suit. » Alain Donwahi, Ministre de la Défense, confirme : « il faut présenter les actions effectivement réalisées et les pratiques concrètes qui aboutissent au développement de notre Afrique. »

Les mutineries, un passage obligé 

« Aucun pays n’a évolué dans le monde sans difficulté. L’histoire de toutes les grandes Nations nous enseigne qu’après les graves crises, celles-ci ont eu des conséquences immédiates, à moyen et long terme. Nous sommes dans la gestion des conséquences de la crise, laquelle a duré dix ans, avec une sortie soldée par un conflit armé adossé à des pays comme la Sierra Léone et le Libéria, qui eux-mêmes venaient de vivre des troubles. Nous avons besoin du soutien de tous et nous vous demandons de nous faire confiance » a encore plaidé Hamed Bakayoko. Mais si les mutineries sont un aspect de l’instabilité, le Ministre de l’Intérieur n’oublie pas de rassurer les participants sur le volet cybercriminalité : « le travail est certes difficile, mais nous sommes déterminés et engagés. »

Traquer les cybercriminels 

Pour faire face au défi de l’insécurité économique et financière qui découle des actes de jeunes cybercriminels, la Direction de l’informatique et des traces technologiques  (DITT) – qui renferme la Police de lutte contre la cybercriminalité  (PLCC) – a donc été créée dès 2012. Flavie Akissi, la responsable de la communication explique que la « la PLCC lutte efficacement contre la cybercriminalité, avec en 2016, 2000 plaintes dont 90% d’ivoiriens, pour des pertes financières de près de 3 milliards FCFA » (contre 5 milliards FCFA en 2015, soit une diminution de presque la moitié). « Et aujourd’hui, grâce à la PLCC,  on peut faire des achats en ligne en Côte d’Ivoire » soutient celle dont l’unité de Police a reçu trois prix – dont un décerné pendant le Salon.

Sécuriser les perspectives 

« Quand je veux investir 100 ou 200 milliards dans un pays, est-ce que pendant dix ans ce pays sera suffisamment stable pour garantir la croissance afin que j’ai un retour sur mon investissement ? » C’est en ces termes que le Ministre de l’Intérieur résume donc la question de la confiance, sans qui les perspectives sont compromises. Pour les sécuriser, la Côte d’Ivoire compte ainsi mettre en chantier « une armée de développement. » En plus des mutineries et de la criminalité, celle-ci s’attachera tout particulièrement à la question terroriste : « Nous allons faire en sorte que tout individu qui est sur notre sol, soit rattaché à un numéro, à une adresse, à une photo et à une empreinte. Cela permettra d’isoler ceux qui sont hors système, et qui sont en général des terroristes. C’est l’un des défis qui nous préoccupent en 2017. Et je vous assure que nous sommes très engagés dans ce dossier. »


 

Auteur : Issiaka N’Guessan // Photo : Exposants au ShieldAfrica – © Issiaka N’Guessan

 

 

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